‹ Chefs-d'œuvre: Phèdre. Britannicus (volume 2)Chapitre 100 sur 105 · SCÈNE PBEBSIÈBE · texte numérisé non relu

SCÈNE PBEBSIÈBE

MONIME , PHOEDIME.

PHŒDLMS.

Madame, où courez-vous? Quels aveugles transports Vous font tenter sur vous de criminels efforts?

Hé quoi I vous avez pu, trop cruelle à vous-même, Faire un affreux lien d’un sacré diadème!

Ah ! ne voyez-vous pas que les dieux plus humains Ont eux-mêmes rompu ce bandeau dans vos mains?

MONIME

Eh 1 par quelle fureur, obstinée à me suivre, Toi-même malgré moi veux-tu me faire vivre? Xipharès ne vit plus ; le roi désespéré Lui-même n’attend plus qu'un trépas assuré :

Quel Iruit te promets-tu de ta coupable audace? Perfide, prétends-tu me livrer à Pharnace?

PHŒDIME.

Àh ! du moins attendez qu’un fidèle rapport De son malheureux frère ait confirmé la mort.

Dans la confusion que nous venons d’entendre,

Les yeux peuvent-ils pas aisément se méprendre? D’abord, vous le savez, un bruit injurieux Le rangeait du parti d’un camp séditieux ;

Maintenant on vous dit que ce» mêmes rebelles

MITHRIDATE

Ont tourné contre lui leurs armes criminelles.

Jugez de l’un par l’autre, et daignez écouter...

KGKIMB.

Xipharès ne yit plus, il n’en faut point douter : L’événemeRt "Sa point démenti mon attente.

Quand je n’eii aurais pas la nouvelle sanglante,

II est mort; et j’en ai pour garants trop certains Son courage et son nom trop suspects aux Romains. Ah 1 que d’un si beau sang dès longtemps altérée, Rome tient maintenant sa victoire assurée!

Quel ennemi son bras leur allait opposer!

Mais sur qui, malheureuse, oses-tu t’excuser?

Quoi! tu ne veux pas voir que c’est toi qui l’opprimes Et dans tous ses malheurs reconnaître tes crimes !

De combien d’assassins Pavais-je enveloppé!

Comment A tant de coups serait-il échappé?

Il évitait en vain les Romains et son frère :

Ne le livrais-je pas aux fureurs de son père?

C’est moi qui, les rendant l’un de l’autre jaloux,

Vins allumer le feu qui les embrase tous :

Tison de la discorde et fatale furie,

Que le démon de Rom*' ù formée et nourrie.

Et je vis! Et j’attends que, de leur sang baigné, Pharnace des Romains revienne accompagné,

Qu’il étale à mes yeux sa parricide joie !

La mort au désespoir ouvre plus d’une voie :

Oui, crueli^ en vain vos injustes secours Me ferment du tombeau les chemins les plus courts,

Je trouverai la mort jusque dans vos bras même.

Et toi, fatal tissu, malheureux diadème,

Instrument et témoin de toutes mes douleurs,

Bandeau, que mille fois j’ai trempé de mes pleurs,

Au moins, en terminant ma vie et mon supplice,

Ne pouvais-tu me rendre un funeste service?

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