ACTE V, SCÈNE
À mes tristes regards, va, cesse de t’offrir; D’autres armes sans toi sauront me secourir :
Et périsse le jour et la main meurtrière Qui jadis sur mon front t’attacha la première !
PHŒDIME.
On Tient, madame, on vient; et j’espère qu’ Areas* Poui bannir vos frayeurs porte vers vous ses pas.
SCÈEE II
MONIME, 'PHŒDIME, ARCAS.
En est-ce fait, Areas? et le cruel Pharnace...
ARCAS
Ne me demandez rien de tout ce qui se passe, Madame: on m’a chargé d’un plus funeste emploi; Et ce poison vous dit les volontés du roi.
PHŒDIME.
Malheureuse princesse !
MONIME
Ah I quel comble de joiel Donnez. Dites, Areas, au roi qui me l’envoie,
Que de tous les présents que m’a faits sa bonté,
Je reçois le plus cher et le plus souhaité.
A la fin je respire; et le ciel me délivre Des secours importuns qui me forçaient de vivre. Maîtresse de moi-même, il veut bien qu’une fois Je puisse de mon sort disposer à mon choiiu
Hélas 1
PHŒDIME
MïTHRIDATE
MONTME.
Retiens tes cris; et, par d’indignes larmes, De cet heureux moment ne trouble point les charm8§ Si tu m’aimais, Phœdime, il fallait me pleurer Quand d’un titre funeste on me vint honorer.
Et lorsque, m’arrachant du doux sein de la Grèce, Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux;
Et, si mon nom encor s’est conservé chez eux, Dis-leur ce que tu vois; et de toute ma gloire, Phœdime, conte-leur la malheureuse histoire.
Et toi, qui de ce cœur, dont tu fus adoré,
Par un jaloux destin fus toujours séparé,
Héros, avec qui, même en terminant ma vie,
Je n’ose en un tombeau demander d’être unie, Reçois ce sacrifice ; et puisse en ce moment,
Ce poison expier le sang de mon amant l