ACHILLE, IPHIGÉNIE
ACHILLE
Venez, madame, suivez-moi :
Ne craignez ni les cris ni la foule impuissante D’un peuple qui se presse autour de cette tente. Paraissez, et bientôt, sans attendre mes coups,
Ces îlots tumultueux s’ouvriront devant vous.
Patrocle, et quelques chefs qui marchent à ma suite, De mes Thessaiiens vous amènent l’élite :
Tout le reste, assemblé près de mon étendard,
Vous offre de ses rangs l’invincible rempart.
A vos persécuteurs opposons cet asile ;
Qu’ils viennent vous chercher sous les tentes d’Achille. Quoi, madame! est-ce ainsi que vous me secondez?
Ce n’est que par des pleurs que vous me répondez 1 Vous fiez-vous encore à de si folles armes?
Hâtons-nous : votre père a déjà vu vos larmes.
IPHIGÉNIE
Je le sais bien, seigneur; aussi tout mon espoir N’est plus qu’an coup mortel que je vais recevoir.