ACTE II, SCÈNE VI
N’en punisse aussitôt la coupable pensée;
Que ma main dans mon cœur ne vous aille chercher, Pour y laver ma honte, et vous en arracher.
Que dis-je? En ce moment, le dernier qui nous resta, Je me sens arrêter par un plaisir funeste :
Plus je vous parle, et plus, trop faible que je suis,
Je cherche à prolonger le péril que je fuis.
Il faut pourtant, il faut se faire violence ;
Et, sans perdre en adieux un reste de constance,
Je fuis. Souvenez-vous, prince, de m’éviter;
Et méritez les pleurs que vous m’allez coûter.
XIPHARÈS
Ah! madame!... Elle fuit, et ne veut plus m’entendre. Malheureux Xipharès, quel parti dois-tu prendre?
On t’aime, on te bannit; toi-même tu vois bien Que ton propre devoir s’accorde avec le sien :
Cours par un prompt trépas abréger ton supplice. Toutefois attendons que son sort s’éclaircisse;
Et s’il faut qu’un rival la ravisse à ma foi,
Du moins, en expirant, ne la cédons qu’au roi.