AGAMEMNON, ULYSSE
AGAMEMNON
Juste ciel ! c’est ainsi qu’assurant ta vengeance Tu ronrps tous les ressorts de ma vaine prudence! Encor si je pouvais, libre dans mon malheur,
Par des larmes au moins soulager ma douleur!
Triste destin des rois! Esclaves que nous sommes Et des rigueurs du sort et des discours des hommes* Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins ; Et les plus malheureux osent pleurer le moins !
ULYSSE
Je suis père, seigneur, et faible comme un autre; Mon cœur se met sans peine en la place du vôtre; Et, frémissant du coup qui vous fait soupirer,
Loin de blâmer vos pleurs, je suis près de pleurer. Mais votre amour n’a plus d'excuse légitime;
Les dieux ont à Calchas amené leur victime :
Il le sait, il l’attend; et, s’il la voit tarder,. Lui-même à haute voix viendra la demander.
Nous sommes seuls encor : hâtez-vous de répandra