‹ Chefs-d'œuvre: Phèdre. Britannicus (volume 2)Chapitre 95 sur 105 · ACTE IV, fSCÈNK ÎI · texte numérisé non relu

ACTE IV, fSCÈNK ÎI

MONIME

Hé qioiî cet ennemi, vous l’ignorez enoore?

XIPHARÈS

Pour surcroît de douleur, madame, je l’ignors»

Heureux si je pouvais, avant que m’immoler,

Percer le traître cœur qui m’a pu déceler 1

Hé bien I seigneur, il faut vous le faire connaître»

Ne cherchez point ailleurs cet ennemi, ce traître;

Frappez : aucun respect ne vous doit retenir.

J’ai tout fait : et c’est moi que vous devez punir.

XIPHARÈS

Vousl

MONIME

Ah! si vous saviez, prince, avec quelle adresse Le cruel est venu surprendre ma tendresse!

Quelle amitié sincère il affectait pour vous !

Content, s’il vous voyait devenir mon époux !

Qui n’aurait cru...? Mais non, mon amour plus timide Devait moins vous livrer à sa bonté perfide.

Les dieux qui m’inspiraient, et que j’ai mal suivis,

M’ont fait taire trois fois par de secrets avis,

J’ai, dû continuer; j’ai dû dans tout le reste...

Que sais-je enfin? j’ai dû vous être moins funeste;

J’ai dû craindre du roi les dons empoisonnés,

Et je m’en punirai, si vous me pardonnez.

XIPHARÈS

Quoi, madame! c’est vous, c’est l’amour qui m’exiosef Mon malheur est parti d’une si belle cause?

Trop d’amour a trahi nos secrets amoureux;

Et vous vous excusez de m’avoir fait heureux !

Que voudrais-je de plus? glorieux et fidèls,

MITHRIDATE

Je meurs. Un autre sort au trône vous appelle: Consentez-y, madame; et, sans plus résister,

Achevez un hymen qui vous y fait monter.

MONIME

Quoi! vous me demandez que j’épouse un barbare Dont l’odieux amour pour jamais nous sépare?

XIPHARÈS

Songez que ce matin, soumise à ses souhaits,

Vous deviez l’épouser et ne me voir jamais.

MONIME

Ehl connaissais-je alors toute sa barbarie?

Ne voudriez-vous point qu’approuvant sa furie,

Après vous avoir vu tout percé de ses eoups.

Je suivisse à l’autel un tyrannique époux;

Et que, dans une main de votre sang fumante,

J’allasse mettre, hélas! la main de votre amante?

Allez : de ses fureurs songez à vous garder,

Sans perdre ici le temps à me persuader:

Le ciel m’inspirera quel parti je dois prendre.

Que serait-ce, grands dieux ! s'il venait vous surprendre I Que dis-je? on vient. Allez : courez. Vivez enfin;

Et du moins attendez quel sera mon destin.

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