EN LUI ENVOYANT DU TABAC
Je n'ai point oublié que vous m'avez choisie
Four satisfaire un de vos sens;
C'est un des plus indifférents
Pour les plaisirs de cette vie.
Aussi, malgré les bruits que de vous on public . Si vous eussiez formé l'envie
De les rendre tous bien contents.
Je crois que votre co'ur, dans cette fantaisie,
Eût , sans balancer pins long-tems ,
Envisagé d'autres talents
Que ceux d'une chétive amie ; Mais vous n'avez que de petits besoins , Et le seul odorat est cbez vous en souffrance. Vous imagineriez-vous que mes yeux souffrent moins
Éloignés de votre présence?
Je ne puis cependant vous voir en pénitence. Je vais vous soulager. Pour toute récompense
De mon tabac et de mes soins , J'exigerai de vous, trop aimable Corinne, Que votre belle main quelquefois se destine
A me marquer de tendres sentiments , Tous vos plaisirs, tous vos amusements Dussai-je y voir dépeints Satan et sa malice
Car dans l'oisiveté des champs
II faut permettre un peu de vice