REPONSE DE MADAME DE SIMIANE
Donner de bon tabac , et faire encore entendre Les doux accents de votre voix , N'est-ce pas là vouloir surprendre Deux de mes sens tout à la fois .^
Et quand je me souviens combien votre présence A souvent encbanté mes yeux ,
Je vois que de cinq sens je n'en ai plus que deu\ Qui soient hors de votre puissance.
Je les emporte donc aux champs.
Sans en vouloir l'aire d'usage; Car j'ai résolu d'être sage.
DES DAMES FRA^(:,AISES. ni
Ne suis-je pas bientôt en âge
De faire de pareils serments?
Mais de tous ceux que je puis faire ,
J'en atteste aujourd'liui les dieux , Celui de vous aimer, et celui de vous plaire, Ce seront ceux, Iris, que je tiendrai le mieux.
Madame de Simiane, héritière de la maison de Grigiian, ayant eu à soutenir au parlement d'Aix de longs procès contre les nombreux créanciers de son père, adressa dans le cours de la procédure à l'un de ses juges les vers suivants :
Lorsque j'étois cette jeune Pauline, J'écrivois , dit-on , joliment ; Et, sans me piquer d'être une beauté divine. Je ne manquois pas d'agrément.
Mais depuis que les destinées
M'ont transformée en piliei de palais, Que le cours de plusieurs années A fait insulte à mes attraits, C'en est fait, à peine je pense; Et quand , par un heureux succès , Je gagnerois tout en Provence , J'ai toujours perdu mon procès
•2'ri CHRFS-n'OEUVRR POÉTIQUl^S
MADAME PKTIGNY.
Madame Petigny de Saint-Romain (Marie-Louise- Rose Lévesque), née à Paris en '1768, de Charles Lévesque. membre de l'Institut de France. On lui doit des Idylles ou Contes champêtres et quelques pièces fugitives. Palissot et Florian ont beaucoup vanté les idylles de mademoiselle Lévesque. Gessner l'appelait sa petite fille.