É P IT R E A MON MARI
KCRITE DE MEAUA.
A toi, de qui la destinée
Avec la mienne est enchaînée
Par des liens qu'aucun effort
Ne peut rompre, excepté la mort,
Je ne puis , d'un petit voyage ,
Eu guise de pèlerinage ,
ïe faire un gracieux récit :
Je suis en ces lieux, tout est dit.
De tes parents la kyrielle ,
Cette aimable et longue séquelle ,
S'est assemblée autour de moi ,
Kt chacun m'a parlé de toi.
J'ai revu ce précieux gage
De notre amour; et ton image
N'est pas mieux tracée au miroir ,
Que dans ces traits charmants à voir.
Je mérite que l'on me croye ,
Lorsque je dirai qu'avec joye
Dans mes bras j'ai su le presser,
Pensant toi-même t'embrasser.
Cependant , pour moi la campagne
N'est pas un pays de Cocagne;
Quoique l'on dise que les jours
A présent sont devenus courts ,
Ils paroissent, pour me déplaire ,
Beaucoup plus longs qu'à l'ordinaire.
DKS DAMES FRANÇAISES. 251
Puisque je suis loin de Paris Et de tout ce que je chéris , Mais surtout d'un époux que j'aime Cent mille fois plus que nioi-uième.