SUR UN SONGE
Chien, au chien cœleste pareil.
Gisant naguère au mol sommeil , En mon sein tu t'es venu rendre, Tout blandissant d'un amour tendre.
.\u ventre, aux yeux , au petit nez, Mille baisers je t'ai donnez :
Puis harcelant ta dent rebelle, Je t'ay dit : la reyne t'appelle.
Mon hoste , mou cœur, petit chien , Ce songe me promet du bien :
Car Memphis par un chien désigne L'amour et la faveur bénigne.
La reyne à ce coup m'aymera , La reyne à ce coup me rira, Et pensera que les tendresses De tes amoureuses caresses.
Parlent pour moy soir et matin :
Soit que ton japper enfantin , Ton baiser ou ton œil lui touche L'oreille, les yeux ou la bouche.
MADRIGAL
SUR U.\ EiNFAM QUI SEMBL.\IT ÉPRIS DE LA REINE REGENTE.
A voir le petit Alcidon ,
Au sein de la reine adorée ,
Vous diriez que c'est Cupidon
Entre les bras de Cythérée ,
N'étoit que l'enfant de Cypris
Prend nos cœurs et rit de nos larmes ,
Et celui ci, lui-même pris.
S'est blessé de ses propres armes.