‹ Chefs-d'œuvre poétiques des dames françaisesChapitre 42 sur 186 · SUR UN SONGE · texte numérisé non relu

SUR UN SONGE

Chien, au chien cœleste pareil.

Gisant naguère au mol sommeil , En mon sein tu t'es venu rendre, Tout blandissant d'un amour tendre.

.\u ventre, aux yeux , au petit nez, Mille baisers je t'ai donnez :

Puis harcelant ta dent rebelle, Je t'ay dit : la reyne t'appelle.

Mon hoste , mou cœur, petit chien , Ce songe me promet du bien :

Car Memphis par un chien désigne L'amour et la faveur bénigne.

La reyne à ce coup m'aymera , La reyne à ce coup me rira, Et pensera que les tendresses De tes amoureuses caresses.

Parlent pour moy soir et matin :

Soit que ton japper enfantin , Ton baiser ou ton œil lui touche L'oreille, les yeux ou la bouche.

MADRIGAL

SUR U.\ EiNFAM QUI SEMBL.\IT ÉPRIS DE LA REINE REGENTE.

A voir le petit Alcidon ,

Au sein de la reine adorée ,

Vous diriez que c'est Cupidon

Entre les bras de Cythérée ,

N'étoit que l'enfant de Cypris

Prend nos cœurs et rit de nos larmes ,

Et celui ci, lui-même pris.

S'est blessé de ses propres armes.

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