‹ Chefs-d'œuvre poétiques des dames françaisesChapitre 43 sur 186 · VERS ADRESSES A HENRI II · texte numérisé non relu

VERS ADRESSES A HENRI II

Voici vraisment, qu'Amour un beau matin

S'en vint m'offrir flourette très-gentille ,

« Là , se prit-il à ourner vostre teint ; >•

Et vistement violiers et jonquille

Me rejetoit à tant que ma mantelle

En estoit pleine et mon cœur se pasmoit

(Car, voyez- vous, flourette si gentille

Estoit garçon frais, dispos et jeunet.)

Ains , tremblottante et destournant les yeux . . .

« Nenni, » disois-je. Ah! ne serez déçue,

Reprit Amour ; et soudain à ma vue

Va présentant un laurier merveilleux.

« Mieux vault, lui dis-je, estre saige que reyne

Ains me sentis et fraimir et trembler ;

Diane faillit, et comprendrez sans peine

De quel matin je praitends reparler.

Page 1