VERS ADRESSES A HENRI II
Voici vraisment, qu'Amour un beau matin
S'en vint m'offrir flourette très-gentille ,
« Là , se prit-il à ourner vostre teint ; >•
Et vistement violiers et jonquille
Me rejetoit à tant que ma mantelle
En estoit pleine et mon cœur se pasmoit
(Car, voyez- vous, flourette si gentille
Estoit garçon frais, dispos et jeunet.)
Ains , tremblottante et destournant les yeux . . .
« Nenni, » disois-je. Ah! ne serez déçue,
Reprit Amour ; et soudain à ma vue
Va présentant un laurier merveilleux.
« Mieux vault, lui dis-je, estre saige que reyne
Ains me sentis et fraimir et trembler ;
Diane faillit, et comprendrez sans peine
De quel matin je praitends reparler.