LE SOMIMEIL ET LA MORT
Rien n'est plus différent que le somme et la niort, Combien qu'ils soient issus de même parentage. L'un profite beaucoup , l'autre fait grand dommage De l'un on veut l'effet, de l'autre on craint l'effort.
Le sommeil , respirant mille petits zéphirs , Caresse doucement le dormeur en sa couche , Et la mort , ternissant une vermeille bouche , Étouffe pour jamais ses gracieux soupirs.
>e m'abandonne point, ô bienheureux sommeil! Mais viens toutes les nuits abaisser la paupière De ma mère et de moi ; fais que la nuit entière Ne nous paroisse longue au retour du soleil.
Qu'ainsi soit pour jamais le silence sacré , Fidèle avant-coureur de ta douce présence ; Qu'ainsi l'ombreuse nuit révère ta puissance , Qu'ainsi les beaux pavots fleurissent à ton gré.