SCÈNE VI
FOUCARAL, LE COMMANDEUR, D. ALPHONSE, ELVir.E , D. ALVARE.
FOUCARAL.
Messieurs, or écoutez le malheur effroyable, Qui vient d'assassiner dpn Japhet misérable.
LE COMMANDE V U
Le t lureau l'a-t-il maltraité ?
FOUCARAL.
Vous l'avez dit.
Il s'est mis sur les rangs, aussi vaillant ({u'un Cid : Vn taureau mal appris, qui l'a vu dans la place, A pris aversion pour sa tragique face.
Et l'a suivi long-temps les cornes dans les reins. Le vaillant champion , sans songer à ses mains, Voyant que le taureau le poursuivoit si vite, A de la salle en bas bientôt changé de gîte; L'impertinent taureau le voyant piéton , Est allé «Iroit à lui sans craindre son bâton ; Et le brave Japhet, voyajjt ses grandes Cfirnes, S est présente trois fois pour transgresser les bornes. Le penple discourtois a dit : Nescio vos. Cependant l'animal a pris son homme à dos; Et les cornes s'étant en grégiie embarrassées, L infortuné Japhet, et ses belles pefisées, Ayant été bmg-temps dans l'air bien secoué (.Sans cornades pourtant , dont le ciel soit loue ),
212 DON JAPHET U'AUMÉNIK.
s'est à la fin trouvé couché sur la poussière,
Foulé tle coups île pieds d'une étrange manière :
On le remporte à quatre, et je viens tout exprès
Vous faire le récit de ce triste succès...
Mais notre secrétaire est vêtu comme un prixice :
Que diable a-t-il donc fait de son justaucorps mince ?
D. ALVARE
Don Roc Zurducaci n'est plus un écrivain ; H épouse aujourd'hui Léonore, ou demain.
FOUCAR AL.
Kt mon maître?
U. AL V ARE
Et ton maître, il prendra patience.
FOUCARAL.
Cela nuira beaucoup à sa convalescence : Comme un valet toujours dit tout ce qu'il a vu , Je m'en vais lui conter la chose à l'impourvu.
( Fnucaral sort. )
SCÈÎSE Vil.
IlODIllGCE, LÉONOIIK, LK COMMANDEUR, D. ALPHONSE, ELVIRE, 1). ALVARE.
LE COM.M A iNUEU R.
Ma nièce, approchez-vous. Deilans la promj)titude , Je vous ai tantôt l'ait un traitement bien rude; Mais je crois me remettre assez bien avec vous , En vous faisant présent d'un si parfait époux.
Vulrc ItouLc me rend cl muette et confuse ,
ACTK V, SCKNK VU. u3
Kt mou crime est si grainl...
LE COMMANDEUR
Votre choix vous excuse.
( à don Alphonse. ) Monsieur, je vous la donne.
n. .\I, PHONSE.
Kt moi, je la reçoi, Comme uu bieu qui me rend au^i riche qu'un roi.