S DON JAPHET D'ARMÉNIE
« Du pays du Pérou la fille la plus sage. « Du valeureux Manco , de la belle Coïa « Est sortie, en nos jours, l'infante .\hihua: " Elle arrive à Madrid pour être baptisée ; « De mon cousin Japhet qu'élit- soit l'épousée. «Je leur donne un impôt que j'ai mis depuis peu, i< Tant sur les perroquets qui sont couleur de feu , « Que sur les lamentins du grand fleuve Orillane, ■< Et mes prétentions sur la riche Guyane. »
D. J A i' H ET, à part.
Le traître de courrier ressemble au renifleur...
{au courrier.) Faites-moi voir nu peu le seing de l'empereur.
LE COURRIER
Le voilà bien écrit de sa dextre royale.
LE COMMANDEUR
Il n'en faut point douter.
LE COU n m F. R.
La dame occidentale A deux vaisseaux chargés de précieux bijoux , De gorges de griffons , de peaux de loups-garoux. De baume gris de lin , de vezugues musquées. De grandes pièces d'or, non encor fabriquées.
O. JAPHET
Bon cela î
LE COURRIER
De giienoiLs qui parlent portugais.
De gros diamants bruts, <'t <!(■ rubis balais.
Est-ce tout ?
Ai: II: V, SCIKNF X. ii<j
LE COUR HIER
Ce n'est pas la centième partie; Mais il faut faire grâce à votre modestie.
U. JAPHET
Mais ne seriez-voiis point ce maudit reniHeur, Ou du moins le purent de ce mauvais railleur? Si ce malheureux-là m'avoit Fait le messajje, Je romprois là-dessus tout net un mariage , L'empereur mon cousin s'en dùl-il offenser.
(à Léonotv. ) Eh bien ! la belle Iris , vous pouviez bien penser Qu'un lïoumie comme moi ne mamjne point de femme. Vous avez avec nous un peu fait la grand'diune; •Je m'en vais épouser l'infante Ahihua, Qui me va réjouir comme un alléluia...
( à Hon Alphonse. ) Et vous, son cher galant , jadis mon secrétaire , Vous m'avez fait du bien, eu me pensant mal faire; Je vous sais fort bon gré de m'avoir supplante': Coquettes et cocus ont grande affinité.
Coquette avec coquet ne trouve pas son compte, Et coquet de coquette a toujours de la honte. Vous avez bien joué le Roc Zurducaci; Vous en êtes content , et je le suis aussi... Et vous, le commandeur, qui me l'aviez promise. Un grand fourbe est gité dedans votre chemise; ('ertains petits discours, parvenus jusqu'à moi. Me font beaucoup douter de votre bonne foi: Vos fréquents compliments, votre reniflerie,
lio DON JAPHKT D'ARMÉNIE.
L'affaire du balcuii^ et la inousqueterie, Tout cela contre vous fuit un procès-verbal , Qui vous condamne d'être à jamais animal... si ce n'est qu'un Japhet doit mépriser l'offense!... (^ésar est son parent, malheur à qui l'offense !... Je pars pour aller voir un ange du Pérou.
LE COMMANDE un.
Il faut savoir devant , et comment , et par oîi. Un ordre m'est \e\\ii de Cé.sar qu'on doit suivre; Quatre mille ducats dans huit jours on me livre. Que l'on doit employer à faire votre train.
D. J A PHET.
Toi.'t de bon?
LE COMMANDEUR
Vous verrez l'ordre écrit de sa main.
Cependant, monsei(jneur, votre noble présence Prendra part, s'il lui plaît, à la réjouissance.
D. J A PH ET
Je suis donc votre avis, et ne m'en irai pas... Foacaral , fais venir mon bagajje d'Orgas.
Il est déjà venu, sans mulets ni charrette ; J'ai tout dans un chausson au fond de ma pochette.
LE COMMANDEUR, à (ton Alf)linnse.
Allons voir votre mère , et tachons d'obtenir Qu'elle veuille aujourd'hui vos souffrances finir. Le sfi[;neur don Japhet honorera vos noces, Kt puis après ira, suivi de viuj^t carro.sscs, Uecevoir dans Madrid l'infante Ahihua ,
ACTK V, SCENK X. -.ii
<^iù vient, de père en Fils, de Capac et (Joia.
D. JAPHET
Soit; aussi bien mon train n est pas chose encor prête. Mais point de reniHeur, ou je trouble la fête.
FIN DE DON JAPHET D A R M E iM E.
YEÎSCESLAS,