KK PRINCE
Pour mon frère , après sou insolence , Je ne j-uis m'emporter à trop de violence, Kt de tous vos tourments la plu.s affreuse horreur Ne le sauroit soustraire à inajuste fareur. Quoi ! quand le cu^ur outré de sensibles atteintes.
24o VENCESLAS.
Je tais Piitendre au duc Ii* sujet de mes ])laiiites,
Kt de ses proeédés justement irrité,
Veux mettre quelque frein à sa témérité;
Étourdi, Furieux, et poussé d\\n faux zèle,
Mou frère contre moi vient prendre sa querelle;
Et bien plus, sur l'épée ose porter la main.
Ah! j'atteste du ciel le pouvoir souverain,
Qu'avant que le soleil sorti du sein de l'onde
Ote et rende le jour aux deux moitiés du monde ,
Il m'ôtera le san^^ qu'il n'a pas respecté.
Ou me fera raison de cette indignité.
Puisque je suis au peuple en si mauvaise estime ,
Il la faut mériter du moins par ini {jraud crime;
Kt de vos châtiments menacé tant de fois,
Me rendi-e un dijjne objet de la rigueur des lois.
LE ROI, à part.
Que puis-je plus tenter sur cette aiue hautaine? Essayons l'artifice où la rigueur est vaine , Puisque i)laiute, froideur, nuMiace, ni prison, Ne lont pu jusqu'ici réduire à la raison.
( au prince.) Ma créance, mon fds, sans doute un peu légère, j
N'est pas sans quelque erreur, et cette erreur m'est chère j Etouffons nos discords dans nos embrassements ;
( // l'cnilirassc.) Je ne ])uis de mon sang forcer les mouvements; .le lui veux liien céder, et, malgré ma colère, Me confesser vaincu, parceque je suis père. Prin«.e, il est temps qu'euHn sur uu trône commun, Nous ne fassions qu'un régne, et ne soyons plus qu'un :