LE J' R I N C E
A l'égard de l'ardente colère Où vous met le parti du duc et de mon frère, Dont l'un est votre cœur, si l'autre est votre bras ; Dont l'un régne en votre ame, et l'autre en vos états, .l'en hais l'un, il est vrai, cet insolent ministre. Qui vous est précieux autant qu'il m'est sinistre; \aillaiit, j'en suis d'accord, mais vain, fourbe, flatteur, lit de votre pouvoir secret usurpateur; Ce duc, à ({ui votre ame, à tous autres obscure, Sans crainte s abandonne et luoduil tou(e pure.
ACTK 1, SCÈNF, 1. .3i)
Kt qui, sous votre nom l)caurou|) plus roi que vous. Met à nif <li'sserNir ses plaisirs les plus doux; Vous hiit mes actions pleines de tant <le vires, Kt me rend près de vous tant île mauvais oFKces, Que vos yeux prévenus ne trouvent plus en moi Rien qui \ous rej)résente, et (|ui promette un roi. .le foindrois détre aveujjle, et d ignorer l'envie Dont en toute rencontre il vous noircit ma vie, S il ne s'en usurpoit et m otoit les emplois Qui si jeune mont fait let'Froi de tant de rois, Kt dont ces derniers jours il a des Mosco\ites .\rr«'-té les progrès et restreint les limites. Fartant pour cette grande et fameuse action, Vous en mîtes le prLx à sa discrétion ; Mais s'il est trop puissant pour craindre ma colère, Qu il pense mûrement au choix de son salaire, Kt que ce grand crédit qu'il possède à la cour, s'il méconnoit mon rang, respecte mon amour, Ou, tout brillant qu'il est, il lui sera frivole. Je n'ai point sans sujet lâché cette parole; Quelques bruits m'ont appris jusqu'où vont ses desseins, Et cest un des sujets, seigneur, dont je me plains.