ACTE 11, 8CÈNE II
Iiiliumaiiie, exercez toute votre fureur; Anuez-vous contre moi de glaçons et de Hammes; Inventez des secrets de tourmenter les âmes; Suscitez terre et ciel contre ma passion ; Intéressez l'état dans votre aversion; Du trône où je prétends détournez son suffrage , Kt pour me perdre enfin mettez tout en usage : Avec tous vos efforts et tout votre courroux. Vous ne m'oterez pas l'amour que j'ai pour vous; Dans vos plus grands mépris je vous serai fidèle; .le vous adorerai furieuse et cruelle; tt pour vous cousen er ma Hanuue et mon amour, Malgré moii désespoir conserverai le jour.
THÉOUORE.
Quoi! nous n'obtiendrons rien de cette humeur altière!
CASSANDKE.
Il m'a dû, m'attaquant, counoître tout entière, Kt savoir que l'honneur m'étoit sensible au ])oint D'eu conser\er l'injure et ne pardonner point.
THÉODORE
Mais vous venger ainsi, c'est vous punir vous-même. Vous |)erdez avec lui l'espoir d'un diadème.
CASSANURE.
Pour moi le diadème auroit de vains appas , Sur un front que j'ai craint, et que je n'aime pus.
THÉODORE
Régner ne peut dépl.iire aux âmes généreases.
C ASSA N DRE
Les trônes bien souvent portent des malheureuses, Qui, sous le juug brillant de leur autorité,
( Hit l)eaucouj) de sujets , et peu de libci'té.
Uedoutez-voiis un joug qui vous fait souveraine ?
CASSA N DR E
Je ne veux point dépendre , et veux être ma reine : Ou ma franchise, enfin , si jamais je la perds , Veut choisir sou vainqueur, et connoître ses fers.
THÉODORE
Servir, un sceptre en main, vaut bien votre franchise.
CASSA N DR E
Savez-vous si déjà je ne lai point soumise?