ACTE II, 8CÈNE II
Je vous Jevois connoitre, et ne m'engajjer pas
Aux trompeuses douceurs de vos cruels appas;
Ou, m'étaut en^jagé , n'implorer point votre aide ,
Et sans vous demander, vous ravir mou remède.
Mais contre son pouvoir mon cœur a combattu,
Je ne me repens pas d'un acte de vertu;
De vos superbes lois ma raison dégagée,
A guéri mon amour, et croit l'avoir songée;
De l'indigne brasier qui consiunoit mon cœur.
Il ne me reste plus que la seuJe rougeur.
Que la honte et l'horreur de vous avoir aimée
Laisseront a jamais sur ce front imprimée.
Oui, j'en rougis, ingrate, et mon propre courroux
Ne me peut pardonner ce que j'ai tait pour vous.
Je veux que la mémoire efface de ma vie
Le souvenir du temps que je vous ai servie.
J'étois mort pour ma gloire , et je n'ai pas vécu ,
Tant que ce lâche cœur s'est dit votre vaincu :
Ce n'est que d'aujourd'hui qu'il vit et qu'il respire,
D'aujourd'hui qu'il renonce au joug de votre empire,
Et qu'avec ma raison mes yeux et lui d'accord
Détestent voire vue à l'égal de la mort.
CASSANDRE
Pour VOUS en guérir, prince, et ne leur plus déplaire, Je m'impose moi-même un exil volontaire , Et je mettrai grand soin, sachant ces vérités, A ne vous plus montrer ce que vous détestez. Adieu.
( Elle sort. )