‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de Scarron, et RotrouChapitre 19 sur 224 · ACTE II, 8CENE V. 3i · texte numérisé non relu

ACTE II, 8CENE V. 3i

Affreux au dernier point, bien loin de sembler beau , Qiie ma douleur est juste alors qu'elle est extrême, Et qu'il faut bien qu'il soit la brutalité même. Le brutal sur lequel ce marmouset est fait.

D. FERNA.ND, prenant le portrait.

Vous jugez donc d'un bomme en voyant sou portrait? I Souvent un vilain corps loge un noble courage , 1 Et c'est un grand menteur souvent que le visage. i ( regardant le portrait, )

1 11 est vrai, celui-ci doit se plaindre de l'art , Et tout y représente un insigne pendard. Où diable ai-je péché ce détestable gendre? Et comment don Fernand a-t-il pu se méprendre? Je pensois bien avoir trouvé la pie au nid; -Mais pourtant... mais pourtant beaucoup de gens m'ont dit Qu'on estime à la cour ce Juan d'Alvarade.

[lui rendant le portrait.) Or bien promettez-moi, sans faire de boutade , Que vous le traiterez par-tout civilement, Et moi je vous promets , foi d'homme qui ne ment , s'il se trouve aussi sot que sa peinture est laide , A tous ces embarras de donner bon remède... Mais une dame vient qui ne se veut montrer. Je voudrois bien savoir qui l'aura fait entrer. Sans venir demander si nous sommes visibles. Les bourreaux de valets sont tous incorrigibles.

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