ALEXANDRE, T H É O I) O H F , LÉ O N O R
ALEXANDRE
Comment ! du duc, ma sœur, refuser la visite !
D'où vous vient ce chagrin , et quel mal vous l'excite ?
Un léger mal de cœur qui ne durera pas.
ALEXANDRE
Un avis de ma part portoit ici ses pas.
THÉODORE
Quel?
ALEXANDRE
Croyant que Cassandre étoit de la partie...
THÉODORE
A peine deux moments ont suivi sa sortie.
Et sachant à quel point ses charmes lui sont doux , Je l'avois averti de se rendre chez vous , Pour vous solliciter vers l'objet qu'il adore. D'un secours que je sais que Ladislas implore; Vous connoissez le prince , et vous pouvez juger
Si sous d'honnêtes lois amour le peut ranger; Ses mauvais procédés ont trop dit ses pensées : On peut voir l'avenir dans les choses jiassées , Kt jnger aisément cpi'il tend à son honneur. Sous ces offres d'hymen , un appât suborneur; Mais, parlant pour le duc, si je vous sollicite De la pi"otection de l'ardeur illicite, ÎN'en accusez que moi; demandez-moi raisou , Ou de son insolence , ou de sa trahison. C'est moi, ma chère sœur, qui réponds à Cassandre D'un brasier dont jamais on ne verra la cendre , Kl du plus pur amour de qui jamais mortel , Dans le temple d'hymen ait encensé l'autel. Servez contre une impure une ardeur si parfaite. THÉODORE, se retirant appuyée sttr Lénnnr. Mon mal s'accroît, mon frère, agréez ma retraite.
{Elles s'en vont. )
ALEXANDRE
O sensible contrainte! ô rigoureux ennui
D'être obligé d'aimer dessous le nom d'autrui!
Outre que je pratique une ame prévenue ,
(^uel fruit peut tirer d'elle une Hannne inconnue ,
Kt que puis-je espérer sous cet aspect fatal.
Qui cache le malade en découvrant le mal ?
Mais, quoi que sur mes vo'ux mon frère ose entreprendre
.l'ai tort de craindre rien sons la foi de Cassandre ,
F,t certain <\u secours, et d'un cœur, et d'un bras ,
Qui ))our la conserver ne ré[>argneroient pas.
I I N 1)1' s i:c.o N n A CTi;.
'WX-V%*^"V'X-V\,-V-* «.^V^. 1