LE DUC DE CURLANDE
Que m'avez-vous produit , indiscrètes pensées ,
Téméraires désirs, passions insensées?
Kfforts d'un cœur mortel pour d'immortels apjvis .
Qu'on a d'un vol si liant précipité si bas;
Espoirs qui jusqu'au ciel souleviez de la terre,
Doviez-vous pas savoir que jamais le tonnerre.
Qui dessus votre orgueil enfin vient d'éclater.
Ne pardonne aux desseins que vous osiez tenter?
Quelque profond respect qu'ait eu votre poursuite ,
Vous voyez qu'un refus vous ordonne la fuite;
Evitez les combats que vous vous préparez;
Jugez-en le péril , et vous en retirez.
Qu'ai-je droit d'espérer, si l'ardeur qui me presse
Irrite également le prince et la princesse,
Si voulant hasarder, ou ma bouche, ou mes yeux.
Je f.iis l'une malade, et l'autre furieux?
Apprenons l'art, mon cœur, d'aimer sans espérance.
Et souffrir des mépris avecque révérence.
Résolvons-nous s ms honte aux belles lâchetés
Que ne rebutent pas des devoirs rebutés.
2(i6 VENCESLAS.
Fortons sans intérêt un jouy si léj^iitinic; ]\'en o>ant être amant, soyons-en la victime; Exposons un esclave à toutes les rij^jiieurs Que peuvent exercer de superlies vainqueurs.