CASSANDRE, ALEXANDRE, LE DUC
CASSANDRE, en colère , sortant de chez l'infante. Eh bien , madame ! il faudra se résoudre A voir sur notre sort tondjer ce coup de foudre; Un fruit de votre avis, s'il nous jette si bas. Est que la chute au moins ne nous s::rprendra [)as
{avisant l'infant. ) Ah, seijjneiu! mettez fin à ma triste aventure. Mettra-t-ou tous les jours mou ame à la torture? Souffrirai-je long-temps un si cruel tourment? Et ne vous puis-je enïxn aimer impunément?
ALEXANDRE
Quel outrage, madame, émeut votre colère?
CASSA N DR E
La faveur d'une sœur pour l'intérêt d un frère.
Son tyraiinique effort veut éblouir mes vœux
Par le lustre d'un joug éclatant et pompeux;
On prétend m'aveugler avec un diadème.
Et l'on veut malgré moi que je régne et C[ue j'aime,
c'est l'ordre cju'on m'impose, ou le prince irrite,
Abandonnant sa haine à son autorité ,
Doit laisser aux neveux le plus tragique exemple.
Et d'un mépris vengé la marque la plus am])le
Dont le sort ait jamais son pouvoir signalé ,
Et dont jusques ici les siècles aient parlé.
Voilà les compliments que l'amour leur suscite ,
Et les tendres motifs dont on me sollicite.
ALEXANDRE
Rendez, rendez le calme à ces charmants appas; Laissez gronder le foudre , il ne tombera pas ; Ou l'artisan des maux que le sort vous destine Tombera le premier dessous votre ruine:
Fondez votre repos en me faisant heureux; (loupons dès cette nuit tout accès à ses vœux , Et soyez sans frayeur, ([uoi qu il ose cnlrepremlre, Quand vous maure/, couunis une fcmiur a dcbMidre,
ACTK m, SCKNK III. 273
F.t quaiul ouverlciiieiit , t-ii *|ualité d'époux , Mon devoir m'enjoindra de répondre de vous.
Prévenez des ce soir l'ardeur qui le transporte, Aux desseins importants la diligence importe , L'ordre seul de l'affaire est à considérer;, Mais tirons-nous d ici pour en délibérer;
CASSAN u u E.
Quel trouble, quelle alarme , et quels soins me possèdent !
SCÈiNE IV.