I. E ROI
Vrsin de Cunisberg, de qui vous êtes fille , Est descendu d'aïeux issus de saiijj royal , Et me fut un voisin généreux et loyal.
CASSA N DR F
Vous savez si prétendre un de vos fils pour gendre, Eût, au rang qu'il teuoit, été trop entreprendre.
LE ROI
L'amour n'offense point dedans l'égalité.
CASSA N DR F
Tous deux ont eu dessein dessus ma liberté :
Mais avec différence , et d'objet , et d'estime ;
L'un, qui me crut lionnéte. eut un but légitime;
Et 1 autre, dont 1 amour fol et capricieux
Douta de ma sagesse, en eut un vicieux.
J'eus bientôt d'eux aussi des sentiments contraires.
Et, quoiquils soient vos fils, ne les trouvai point frères.
Je ne les pus aimer ni haïr a demi;
Je tins l'un pour amant, 1 autre jiour einieini :
L'infant , par sa vertu, s'est soumis ma francliise ;
Le prince , par son vice, en a manqué la prise;
Et par deux différents , mais louables effets ,
uy3 VENCESLAS.
J'aiiiie en ruii votre sang, eu l'autre je le hais.
Alexandre, qui vit son rival en son frère,
Et qui craignit d ailleurs l'autorité d'un j)ère ,
Fit, quoique autant ardent que prudent et discret ,
De notre passion un commerce secret;
Et, sous le nom du duc déguisant sa poursuite,
Ménagea notre vue avec tant de conduite ,
Que toute votre cour a cru jusqu'aujourd hui ,
Qu'il parloit pour le duc, quand il parloit pour lui.
Cette adresse a trompé jusqu'à nos domestiques.
Mais craignant que le prince, à bout de ses pratiques.
Comme il croit tout pouvoir avec impunité ,
Ne suivît la fureur d'un amour irrité ,
Et dessus mon honneur osât tout entreprendre,
Nous crûmes que l'hymen pouvoit seul m'en défendre;
Et , l'heure prise enfin pour nous donner les mains ,
Et, bornant son espoir, tlétruire ses desseins ,
Hier, déjà le sommeil , semant par-tout ses charmes
( En cet endroit, seigneur, laissez couler mes larmes,
{plcitnnit) Leur cours vient d'une source a ne tarir jamais ) , L'infant , de son hymen espérant le succès, Et de j)eur de soupçon , arrivant sans escorte , A peine eut mis le pied sur le seuil de la j»orte , Qu'il sent, |)oiir tout accueil , une barbare maui De trois coups de poignard lui traverser le sein.
Li: iioi.
O Dieu 1 liniant est mort !