‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de Scarron, et RotrouChapitre 218 sur 224 · LE ROI, GARDES · texte numérisé non relu

LE ROI, GARDES

THÉODORE

Par (juclle loi, seigneur, si barbare et si dure, Pouvez-vous renverser celle de la nature? J'apprends quau prince, hélas! l'arrêt est prononcé;

3o8 VENCK6LAS.

Que <lc son châtiment rai)|);ireil est dresse.

Quoi! nous demeurerons, par des lois si sévères,

L'état sans héritiers, vous sans fils, moi sans frères?

Consultez-vous un peu contre votre fureur;

c'est trop en votre fils condamner une erreur:

Du carnage d'un frère un frère est incaj)al)le;

De cet assassinat la nuit seule est coupable;

Il plaint autant que nous le sort qu'il a fini.

Et par son propre crime il est assez puni.

La pitié qui fera révoquer sou supplice,

N'est pas moins la vertu d'un roi que la justice;

Avec moins de fureur vous lui serez plus doux.

La justice est souvent le masque du courroux ;

Kt l'on imputera cet arrêt si sévère,

Moins au devoir d'ini roi, qu'à la fureur d'un père.

Un murmure public condamne cet arrêt,

I^ nature vous parle, et Cassandre se tait :

IkI rencontre du prince en ce lieu non prévue.

L'intérêt de l'état, et mes pleurs , l'ont vaincue^';

Son ennui si profond n'a su nous résister;

Un fils enfin n'a plus qu'un père à surmonter.

C ASSA NDR K.

Je revenois, seigneur, demander son supplice, Et de ce noble effort presser votre justice. Mon ca;ur, impatient d'attendre son trépas, Accusoit chaque instant (jui ne me vengeoit pas; Mais je ne puis juger par quel effet contraire Sa rencontre en ce cœur a fait taire son frère : Ses fers ont combattu le \ii ressentiment Que je dois, malheureuse, au sang de mon amant;

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