‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de Scarron, et RotrouChapitre 219 sur 224 · ACTE Y, SCKXE VI · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCKXE VI

Et quoique tout meurtri mon ame eiicor radore , ].cs plaintt'S, les raisous, les pleurs de Théodore, Le uiunuure du peuple et de l'état entier. Qui contre mon parti soutient sou héritier. Et cttiuiamne l'arrêt dont la douleur vous presse , Suspendent eu mon sein cette ardeur vengeresse. Et me la font enfin passer pour attentat Contre le bien public et le chef de l'état. Je me tais donc , seigneur, disposez de la vie Que vous m'avez promise, et que j'ai poursuivie. Au défaut de celui (|uon te refusera.

J'ai du sang, cher amant, qui te satisfera.

LE ROI

Vous ne pouvez douter, duchesse, et vous, infante.

Que, père, je voudrois répondre à votre attente;

Je suis par son arrêt plus condamné que lui,

Et je préférerois la mort à mon eunui :

Mais li'autre part je régne, et si je lui pardonne,

D'un oj)probre éternel je souille ma couronne;

Au lieu que, résistant, à cette dureté

Ma vie et votre honneur devront leur sûreté.

Ce lion est dompté; mais peut-être, madame.

Celui qui, si .soumis, vous déguise sa flamme.

Plus fier et violent qu'il n'a jamais été ,

Demain attenteroit sur votre honnêteté;

Peut-être qu'à mon sang sa main accoutumée,

(^)ntre mon propre sein demain seroit armée.

La pitié qu'il vous cause est digne d'un grand cœur;

Mais si je veux régner, il l'est tle ma rigueur;

Je vous dois, malgré vous, raison de votre offense,

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Et , quand vous vous reniiez, prendre voire défense ;

Mon courroux résistant, et le vôtre abattu ,

Sont d'illustres effets d'une même vertu.

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