‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de Scarron, et RotrouChapitre 23 sur 224 · ACTE II, SCÈNK VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNK VII

• Que j'attendis deux ans à Buryos vainement. A la tin je vois bien que je suis délaissée : Je quitte mes parents, et, cumme une insensée, Maudissant mon iunour, souhaitant le trépas , k Pour trouver ce méchant j'adresse ici mes pas. Helas ! il m'avoit dit qu il me seroit fidèle. Mais qu'on croit aisément alors qu'on se croit belle , Et que, pour s'assurer d'un cœur comme le sien, La beauté bien souvent est un foible lien ! J'en suis , ô don Fernand , un exemple effroyable ; Car, pour avoir cru trop un tigre impitoyable , Qui me prit par les yeux et triompha de moi. Se déguisant d'un nom aussi faux que sa foij^ Je me vois devant vous comme une forcenée , Maudissant mille fois le jour sa destinée. Hélas 1 que contre moi le ciel est irrité , Puisque tout mou espoir n'est qu'un nom aposté , Et qu'avec cet espoir justement je m'étonne,

(Quand je vois que ce nom n'est connu de personnel Cependant il est vrai qu'il habite ces lieux, Û L'ingrat ! car l'autre jgur il parut à mes yeux; Mais je ne le pus joindre, et je n'ai pu conuoître. Par un nom qu'il n'a pas , la demeure d'un traître Que le ciel à mes yeux ne devroit plus cacher. Si les pleurs avoient pu jusqu'ici le toucher. Mais je m'adresse à vous comme au dernier remède : Pour trouver cet ingrat, je demande votre aide. Je sais Lien, vu le rang qu'en ces lieux vous tenez. Qu'il me fera raison , si vous l'entreprenez : Je n'alléguerai point mon père et sa mémoire.

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Je veux vous conjurer par votre seule {gloire.

Et sans vous obliger d'un lantjage Hatteur.

D. FEU.NAND.

\Pour taire court, je suis votre humble serviteur, lEt l'ai toujours été de monsieur votre jière; Il me faisoit l'honneur de m'appeler son frère : Quant à vous, disposez de tout ce fjue je puis; Ma fille tâchera d'adoucir vos ennuis.

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