ACTE II, SCÈNE XIV
u. LOUIS, à part.
Le joli compliment !
JODELET
Ce jouvenceau qui cause , Dites-moi, mon soleil, vous est-il quelque chose? (.)u si c'est un plaisant?
ISABELLE
c'est mon cousin germain.
D. FERNAND, à part.
Pour la troisième fols, mon gendre est un vilain.
D. j i' A N , à part.
Ce beau cousin germain tous mes soupçons réveille.
JODELET
N'avez-vous point sur vous quelque bon cure-oreille? Je ne puis dire quoi me chatouille dedans : Hier je rompis le mien en m'écurant les dents... Quoi ! vous riez encore?
D. L o u I s , à Isabelle.
A propos , ma cousine , Vous ne contentez point monsieur touchant sa mine: Il vous a dit tantôt qu'il desiroit savoir Si vous preniez grand goût en l'honneur de le voir.
ISABELLE, à don Louis.
Je n'ai jamais rien vu qui lui soit comparable. Ni je ne pense pas qu'il trouve son semblable , Et de corps et d'esprit.
JODELET
Chacun en dit autant.
Mais les vingt mille écus, est-ce en argent comptant?
46 JODELET
Éclaircissez-nous-en , el vidons cette affaire.
D. LOUIS
Quoi ! seigneur don Juan, vous êtes mercenaire?
JODELET
Tous ceux qui le croiront seront de vrais badauds, Kt Ion n'eu vit jamais dans les Alvarados.
D. LOUIS
Dans les Alvarados!... N'aviez-vous pas un frère?
JODELET
Oui, qu'un lâche assassin occit, mais par derrière.
D. J u A N , à (loii Louis.
si don .hian savoit quel est cet assassin, Il iroit lui manger le coeur dedans le sein, s'il faut (pi entre mes mains ce détestable tombe, Le moindre de ses maux est celui de la tombe. Je le déchirerois, le traître! à belles dents : Je l'irois affronter entre cent feux ardents. Mais il tue en voleur, et se cache de même.
D. Lou I s, à jxtrt.
Vraiment de ce valet l'impudence est extrême!
(à (Ion Juan. ) Quelqu'un m'a dit pourtant...
D. JUAN
Et que vous a-t-oa dit?
D. LOUIS
Que ce fut par malheur...
D. JUAN
Ce quel<[u iin-là mentit:
(W. fut par trahison.