D. J U AX
Que je hais les ivrognes !
JODELET
Que je hais les amants, et leurs mourantes trognes'.
D. JUAN
Moi, que j'aime Isabelle, et que son seul portrait Me perce jusqu'au cœur d'un redoutable trait '.
JODELET
Vous êtes donc de ceux qu'une seule peinture Kemplit de feux grégeois , et met à la torture? Et si monsieur le peintre a bien fait un museau , S'il s'est heureusement escrimé du pinceau , s'il vous a fait en toile une adorable idole , L'original peut être une fort belle folle; Sa bouche de corail peut enfermer dedans De petits os pourris au lieu de belles dents. Cn portrait dira-t-il les défauts de sa taille? Si son corps est armé d'une jaque de maille? s'il a cpielques égouts, outre les naturels? Accident très contraire aux appétits charnels; Enfin si ce n'est point quelque horrible scjnelette Dont les beautés la nuit sont dessous la toilette? Ma foi ! si l'on vous voit de femme mal pourvu , Puisque vous vous coiffez devant que d'avoir vu , Vous ne serez pas plaint de beaucoup de personnes
D. JDA.N.
Sais-tu bien , Jodelet , alors que tu raisonnes,
10 J on ELIT.
Oii'il n'est pas sous le ciel un plus f.'iclicux rpic ini?
11 n est pas sous le ciel un plus Fâché que moi, Quand il faut à tâtons courir de rue en rue, On dessous un balcon Faire le pied de j^rue.
D. JUAN
lodelet?
JODELET
I)(tii Juan?
D. JUAN
.Sans doute, mon portrait Knvers mon Isabelle aura Fait son oFFet? .l'y suis peint à ravir.
JODEI, ET.
.le sais bien le contraire.
D, JUAN
Que dis-tu?
JODELET
Je vous dis qu'il n'a F.iit (fiie (lé[ilaire.
n. JUAN.
D'où iliaMe le sais-lu?
' iVoù? je le sais Fort bien ,
; Parcequ'an lien du vôtn; elle a reçu le niiiii. I). J r A N.
Traître! si tu dis \r,ii... ni.iisje crois que tu raill<'>; .lirai cliercher ta vie au Fond de tes eutrailles.
JO OELET.
Vene/.-ia dont < lierclier, car je ne raille poiiil ;
Mais en Frappant mon corps, éparjjncz ninn pompoinl.