ACTE IV, SCÈNE II. 8i
Et l'honneur font leur résidence , Je m'affUje jusqu'au mourir.
Quoi, cinq doijjts mis sur une face Doiveut-ils être un affront tel Qu'il faille pour cela qu'on fasse Appeler un homme en duel?
Soyez nettes , mes dents, etc.
Un ])arbier y met bien la main, Qui bien souvent n'est qu'un vilain ; Et dans son métier un grand ase , Alors que tel barbier vous rase , Il vous gâte un visage humain.
Pourquoi ne t'en veux-tu pas battre , Toi qu'un soufflet choque si fort Que tu t'en fais tenir à quatre? ■ Un souffleté vaut bien un mort.
Soyez nettes, mes dents , etc.
Pour moi, j'estime moins qu'un chien
Celui qui n'aime ici-bas rien
Que botte en tierce ou botte en quarte ,
Ou cheval qui de la main parte ,
Ou pistolet qui tire bien :
Faut-il qu'en duels on abonde
Pour quelque iujui'e que ce soit ,
Si coups de bâton sont au monde ,
Qui font mal quand on les reçoit?
Soyez nettes , mes deuts , etc.
Messieurs les lions rugissants , Que vous allez éclaircissauts , Au gré de votre jeune bile,
Si .lODELET.
Sachez qu'aux cliamps comme à la ville
Un soufflet vaut mieux que cinq cents ;
Puisque soufflets les déshonorent,
Ou les hommes sont insensés,
Ou messieurs les vivants ignorent
Quels sont messieurs les trépassés.
Soyez nettes, mes dents; l'honneur vous le commande : Perdre les dents est tout le mal que j'appréhende.