ACTE V, SCÈNF VIH
Je veux que vous l'ayez tué sans y penser, Et que vous n'ayez eu dessein de m'offenser. .Mais vous ne vous lavez ici que d'une offense, Et ma sœur contre vous me demande vengeance; Et, puisque son honneur à mon honneur est joint, Je serai sans honneur si ma sœur n'en a point. En l'humeur où je suis, je n'ai pas grande envie, Si vous m'ôtez l'honneur, de \ ous laisser la vie. |
D. LOUIS
\ Je pourrois bien encore, épousant votre sœur, 1 Et vous rendre content et vous rendre l'honneur : Vous n'auriez |>lus sujet d'en vouloir à ma vie. Et je n'en auroio plus de vous porter envie. Quoique je visse à vous , avec tous ses appas , Celle que j'aimai Lieu, mars qui ne m'aima pas... c'est de vous que je parle, ô trop sage Isabelle! Qui ne fûtes jamais envers moi que cruelle... Don Juan , quittez donc tous vos jaloux soupçons, Que le feu de 1 amour en fonde les glaçons : Ne soyez plus atteint de cette frénésie. Ni moi, l'objet fâcheux de cette jalousie. H est vrai, Déatrix m'a deux fois introduit Dans sa chambre le jour, dans son balcon la nuit : Mais, sur ma foi ! bieu loin d'être de la partie. De me l'avoir promis ou d'en être avertie. Sitôt qu'elle le sut, elle l'en querella, Et Béatrix pensa s'en aller pour cela.
D. FEU.NAND.
Mon neveu ne dit rien qui ne soit véritable. Et si, cher don Juan, vous êtes raisonnable,
no JODKLF.T.
Vous ne fermere/- [tins I Oreille à la laisuii. Chassons donc le tumulte hors de cette maison , Kt faisons-y rentrer la joie et l'hyménée...
( appelant. ) Çà , vite que Lucrèce ici soit amenée , Et ma fille Isabelle... Ah ! je les vois venir.