S^MON
que c'est Tune de ces grâces stériles qui, qHOiquMnfuses de Dieu, ne rendent Thomme ni plus juste ni plus agréable à Dieu; Tune de ces faveurs de Dieu qui ne donnent point de mérite ; Tun de ces dons qui peuvent être quelquefois les effets de la sainteté, les récompenses delà sainteté les marques de la sainteté, mais jamais ni la cause de la sainteté ni la sainteté même : au lieu que Toraison commune, par Texerciceet par les actes des plus méritoires vertus auxquelles elle tient -Tame -appliquée, est une source féconde et abondante de tontes les grâces qui font devant Dieu la sanctification de riiomme. Or pesantles choses dans la balance du sanctuaire, ce qui produit la sainteté, ce qui opère le mérite, ce qui enrichit Tame de vertus, doit avoir dans notre estime une préférence infinie sur ce qui n'est que pure ^race et que pure faveur: et comme la foi nous enseigne que le moindre degré d'humilité, de charité, de patience est quelque chose selon Dieu de plus estimable que le doivde faire des miracles et de ressusciter les morts, parceque le don des miracles est une grâce infructueuse qu'ont eue quelques saints, mais qui n'a point aidé à les faire saints, et sans laquelle il y en a eu d'aussi saints et de plus saints; aussi du même principe devons-nous conclure que le moindre degré de cette oraison, où l'ame par un usage libre de ses puissances, et fidèle à la grâce de son Dieu, travaille h se purifier et à se perfectionner, qui est l'oraison commune, quoique moins élevée, vaut mieux et est d'un mérite plus grand que toutes les extases et tous les dons imaginables, où l'on suppose l'ame sans action et dans le repos de la contemplation : pourquoi? parceque Dieu encore une fois ne discerne point les élus par la sublimité, mais par la fidélité,- et parceque toutes les extases ne sont pas comparables dans Tidée de Dieu à la moindre vertu acquise par le travail d'une 'humble prière. Désirer donc de parvenir à ces grâces > extraordinaires, les rechercl)er/y ai^irer; abus, chrétiens.
qu'on ne peut aujourd'hui assez déplorer. Ainsi en usent,
pour ne rien dire encore de plus, (es âmes ignorantes et
.imprudentes; mais ce n'est pas ainsi qu'en ont uséies âmes
spirituelles et intelligentes ; ce n'est pas ainsi qu'en a usé
la célèbre Thérèse, qui^ dans le moment où Dieu par ces
.voies extraordinaires se communiqua plus abondamment à
elle, lui demandait qu'il modérât l'excès de ses faveurs,
.qu'il ne l'élfivât pas si haut^ qu'il suspendit un peu les effets
de ses opérations divines, afin, disait-elle, qu'elle pût dans.
.l'amertume de son cœur pleurer ses fautes passées, et qu'elle
.n'en perdit pas sitôt le souvenir ; Exçlamansy peiebai 6«-
.neficiis in se divinis modum tmponi, n«c céleri pblivione
eulparum suarum memoriam aboleri (Offiç. £ccl. .in
.Fêst. s. Theres. )• Elle concevait donc que l'exercice de
«pleurer ses péchés, en rçpassant devant Dieu les anuée^,de
sa .vie,. était meilleur pour elle que. l'extase et le ravisse-
.ment^ et qu'il lui était plus avantageux de ressentir dans la
.prière les amertumes d'une componction salutaire, que de
goûter les. délices d'une oraison plus, élevée, mais moins
profitable. .Et.vûilà, mes chers auditeurs, ce quq. je vous
.prêche: Mmulamini charismala meliora ( 1 Cor. XII) ;
à l'exemple de cette grande sainte, entre les dons de Diçu,
.desirez et enviez les plus excellents ; ô'est saint Paul qiii
vous le permet et même qui vous l'ordonne ; mais ne. voii^
aveuglez .pas jusqu'à prendre pour les plus excellents c(2ux
.qui sont les plus éclatants. Desirez, ceux qui vops sont les
■plus utiles^ enviez ceux qui .sont, les plus propres à vous
4X)nyertir, ceux qui vous inspirent plus le zèle. de la péj^i-
.tence^ ceux dont l'effet particulier es.t de vous rendre plus
.humbles, plus obéissants, plus charitables, plus mortifiés,
plus désintéressés; ,car ce sont là dans le sens de l'apôtre
les plus excellents pour vous: CharismeUa meliora. Mais
.souvenez-vous que les dons de ce, caractère sont attachés à
i'oraison commune, que le Fils de Dieu nous ^ lui-même
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ponr cela partici]fièreiiient.reeoimnandée. Ce n^est pas tottf, et voici quelque chese de plus essentiel.
Oiï entre dans ces Toies extraordinaires sans y être appelé de Dieu, et même contre Tordre dé Dieu. Troisièine abus qui surpasse tous les autres. Car n'est-ce pas entrer contre Tordre de Dieu dans Toraison extraordinaire, de prétendre s'y adonner, quand on a d- ailleurs un évident, nfi extrême, un pressant besoin de demeurer dans la pratiqué ée Toi^sott commune? quand, par exemple, on est rempli de défauts qu'on ne peut espérer de corriger sans le secours dé Toraison commune ; quand on est dominé par des pas^ sions dont la victoire doit être le fruit, et ne peut être Fe fruit que de T-oraison commune; quand on a des devoirs à accomplir , auxquels on ne satisfait point, et dont tm ne s^instruit jamais que par des réiexions et les lumières dis Toraison commune? Malgré tous ces besoins, abandonner Toraison commune pour se jeter dans d'autres Toies ^qui ne conduisent à rien de tout cela, et pour lesquelles par con^ séquent on n'a ni vocation ni disposition ; et -an lieu dé vaquer à Tétude de soi-même, h h réformation de ^ot-même, au cbungement et à Tanéantissement de soi-même, se pitv* .poser un genre d'oraison, dont le fond est, pour ainsi dire; une abstraction totale de sm-même et un oid))t de toutes les choses dont on devrait être occupé, n'est-ce pas renverser Tordre de Dieu? Or c'est ce renversement qui me fait pi^ tié, je Tavoue, dans la conduite de je ne sais combien drames censées intérieures. Car voilà sur ce point Tiltnsiôn du siècle : on se pique d'oraison, et d'oraison sublime, et cependant on suit le mouvement de ses passions les plus TÎves et les plus ardentes, et cependant on ne connaît pas ses imper^ fections les plus grossières , et cependant on se confirme dans ses plus dangereuses habitudes, et cependant onmanque h ses plus importants deymrs. Preuve infaillible, ame cfaré^ tienne, que ce n'est point à Toraison suMiraeque vous êtek
«ppelée é% Diêv : pourquoi? paroequ'il est Indulntab)^ que l'oraison à laquelle vous êtes appelée de Dieu, doit être proportionnée à votre état. Or il n'y a nulle proportion entre cet état de lâcheté , de dissipaticm, de désordre oè iroHS vivez,' et Toraison subkme dont vous vous piquez. Ce fi'est donc point à vous que cette oraison, dans le dessein «le Dieu , peut convenir. Remédier à vos faiblesses, vous détromper de vos erreurs, combattre les passions et les 'vices qui régnent «n vous, voilà à quoi Dieu veut que votre iondson soit employée; si celle dont vous usez ne se rap-> porte là, quelque sublime qu'elle vous paraisse, ce n'est filtts Dieu qui vous attire, c'est votre propre sens qui vous y porte. Or dès là, fùt-elle aussi sublime qu'elle vous pa^ -rak, quel bien en devez-vous attendre, et quel succès devez-vous vous en promettre? Il est vrai, cette espèce d'oraison extraordinaire a été saintement pratiquée dans le «bristianisroe ; mais par qui? par des a'mes parfaites, qui -avaient pour cela toutes les marques de la vocation de Dieu, -par des âmes réglées qui, s' acquittant de leurs devoirs, ac- «complissoient toute justice ; par des âmes dont la vie était pure, exemplaire, irrépréhensible « qui par de longues -épreuves d'elles -mêmes s'étaient rendues capables des dons divins, et à l'égard desquelles on pouvais dire avec toute sûreté, que la grâce de l'oraison sid)lime était la ré^ compense de leur sainteté. Vous, dans l'éloignement où vous êtes de leur sainteté, vous voulez avoir part à leurs •récompenses et vous arroger cette grâce ; voilà votre égar -renient. Car dans la vie imparfaite que vous menez, k -grande règle d'oraison pour vous, est qu'au lieu de vous 'élever, ii faut descendre ; qu'au lieu de vous abîmer et de ywK perdre dans les communications que vous avez avec 'Dieu, ii faut vous y chercher et vous y trouver, c'est-à-dire, y reconnaître vos obligations, y examiner vos actions, y mo- 4)érer vos désirs et vos affections, y aequénr le renoncement
à vous-même et à vos passicms ; sans cela plus votre oraw son est sublime , et plus elle est vaine ; car j'entends paf oraison vaine , celle qui ne corrige aucun défaut, celle qui n'est suivÎQ dans la pratique d'aucune réforme, celle en vertu de laquelle on ne renonce à rien et on ne se détache de rien. Or combien n'en -àri-on pas vu servir d'un triste exemple de ce que je dis ! Combien d'ames présomptueuses qui, en même temps qu'elles faisaient profession de marcher dans ces voies intérieures dont je parle, n'en étaient pQur cela ni moins déréglées, ni moins emportées, ni moins aigres, ni moins entières dans leurs sentiments, ni moins hautaines, ni moins dominantes ; en un mot, qui pour être élevées dans l'oraison n'en étaient ni plus saintes devant Dieu, ni plus édifiantes devant les hommes! Vous me demandez comment elles tombaient dans un abus aussi énorme que celui-là : je vous l'ai dit, chrétiens, par la séduction de l'esprit qui les conduisait : elles entraient dans ces voies d'oraison par esprit de vanité, de curiosité et de singularité : elles y demeuraient par esprit d'opiniâtreté, d'indépendance, d'indocilité; éblouies de ces termes de quiétude, de repos , de silence , elles y entretenaient leur oisiveté. Dieu ne les y appelait pas ; faut-il ^'étonner si elles en abusaient et si, bien loin d'en profiter, elles en étaient encore plus imparfaites?
' Enfin, sous prétexte d'oraison extraordmaire, on méprise et on néglige les règles dont le Saint-Esprit nous a fait des préceptes indispensables pour le saint exercice de la prière. Quatrième ef dernier abus, qui mériterait un discours entier. Car dans quelque voie que vous marcliiez, fussiezvous de ces âmes du premier ordre que Dieu prévient de ses plus exquises faveurs, c'est à vous, comme au reste des fidèles, qu'a prétendu parler le Saint-Esprit, quand il a dit : ArUe oraiionem prcepara animam tuam , et noli esse quasi komo ^ut lerUiU Deum (Eccles. XVIII), Avant la prière
préparez Totré ame, et ne soyez pas semblable à rhomme qui tente Dieu. C'est à yous, dis-je, comme à moi que ce commandement s'adresse ; et de vous flatter que vous ayez un privilège qui vous en dispense, de vous persuader qu'en qualité d'ame choisie vous n'êtes pas sujette à cette loi, el qu'il vous est permis ensuite, sans aucune préparation, de vous présenter devant Dieu avec un esprit vide de toute pensée, attendant tout de Dieu, mais sans rien faire de votre part qui vous dispose à recevoir ses dons et ses lumières ; de vous figurer que ce qui s'appellerait dans un autre tenter Dieu, soit en vous une perfection, parceque Dieu qui vous a élevé , n'exige plus de vous ni cette dépendance de sa grâce, ni cet assujettissement à ce que sa sainte parole prescrit en termes exprès; de vous prévenir de ces idées, ce serait un orgueil qui devrait vous faire trembler. Cependant, chrétiens , on en vient là : parcequ'on se croit dans une voie différente des voies communes; on ne se tient plus obligé à prendre soin de préparer son ame : quelque générale et absolue que soit la loi, on s'en exempte : au hasard de tenter Dieu, on va à l'oraison sans savoir pourquoi l'on y va ; on s'y présente sans aucune vue , sans s'y proposer rien, sans y chercher rien; on a un entendement capable d'y découvrir "et d'y connaître les plus solides vérités, et on se fait un mérite de ne l'y pas appliquer, une volonté capable d'y former les plus saints désirs et d'y concevoir- les plus ferventes affections, et on se détermine par avance à s'y tenir oisif et sans action. Or, je vous dis que tout cela est illusion : pourquoi? parceque, indépendamment des voies que vous suivez, ou plutôt que vous croyez suivre, il faut que la parole de Dieu soit observée : Ànle oralionem prœpara animam tuam» Vous êtes donc grossièrement et visi* blement trompé, quand, au préjudice de cette divine loi , vous n'apportez à la prière nulle préparation : de même, £0us ombre d'être élevé à uu don particulier de communir-
«su 8wmw
eatido ave^ Dieu, en ne demaiiéQ pkis rmt à INti», el Ton porte Terreiur jusqu'à s'imagioer que le cenifiMadement.de jésu&^hrist : Peiiiê et aecipieHs^ danandes et vous rece^ yréa, n'est que pour les âmes du «dernier ordre; que le» lupes élues sont oceiipéfô dans roraison de quelque chos» de plus saint ei de plus épuré : et moi, )e veux bien déela-^ rer ici que j-aiine mieux pour jamais être dans le dernier ^rddre, en accomplissant le commandement de lésu^-Ghristf f ue d'être des âmes privilégiées et distingpées, en ne Taceomplissant pas. Et où en seriônsHaous , mes ehers auditeurs, si, sous ce nom spécieux d'oraison sublime, on anéanr lissait un devoir aussi essentiel et aussi inséparable de lu religion que celui de demander à Dieu les grâces du salut 1t Ou en serions*nous si un devoir de ce caractère n'était plu» le-devoic des parfaits chrétiens, et que pour être élevé dans IVaison il y fallût renonce? Mais qui l'aurait cru, qu'on eût dû se faire dans le christianisme une perfection aussi bizarre que celle-là?
Ah ! chrétiens, ne tombez pas en de pareilles erreurs, et pour vous en préserver, attachez-vous aux règles que Jésu»t Christ et ses apôtres nous ont laissées. Ne croyez pas à toutes sortes d'esprits, disait saint Jean ; mais éprouvez-les, pour connaître s'ils sont de Dieu : NolUe omni tpiriHn eredere (1 Joan. IY). Quand on vous propose des voies ex^ traordiaatres , soyez en garde, non-seulement contre ceux qui vous les proposent, mais contre vous-mêmes. Quand on vous dira qu'il parait un homme de Dieu, dont la conduite dans le gouvernement des âmes est toute nouvelle : Eeee hic est (Matth. XXIV), quelque éloge que vous en enten-^ diez faire , ne suivez pas une ardeur précipitée qui vous y porte : ^olUe eredere. Attachez-vous à ceux qui vous conduisent par les voies d'une foi soumise et agissante, de l'humilité, de la mortification, de la pénitence, de toutes le» vertus chrétiennes. Dans le ehohc que voue ferez» s'ouhiieK
SUR LE JUGElffiNT TÉMÉRAIRE. Î57
jamais le prieeple de lésiia-ChrtsC, Petite H eteeipielii; el si <|uelqtt'un voua park aturemeiit, j'ose vous dire, comme flaml; Paul, qfue quand ce serait ira aoge du ciel, vous le deres traiter d'analbème. Soit que ihius soyez péchews^ Mit que vott9 soyez justes, ce préeepte du Fils de Dieu vous eonytent. Si vous êtes pécheufs^demandez,. petiie^ ati» que Bieu vous teuelie le cœur par des grâces de convearsion. Si vous êtes justes, demandez, petHe^ afin que Dieu verse sans cesse sur vous des grâces de sanctification ; surtout deman-* dez, pelite, afin d'obtenir de Dieu cette grâce de la persévérance finale qui vous mettra en possessioa de la gK^re Amélie que je vous souhaite, etc.
SUR L£ 1U€XM£NT TÉMÉaAIRE.
Collegeruni pontipees et pharisœi concHium adiersù^
Jesum.
Le» (^riiiees <ks préires el le» pbtrifieM Uareai un eooseil contré
- JUamXI.
Sl&S,
Ce sont les princ)»s des prêtres et les [Parisiens qui s'as^ â^iabkni, c'est-à-dire les sages du judaïsme et les dévote
de la synagogue; ce n^est poiot pour délibérer sur une afiiaire ^'une légère conséquence, puisqu'il lie s'agit pas moins que de porter un arrêt de mort contre un homme accrédité parmi le peuple et connu dans toute la Judée par ses miracles ; ce n'est point en particulier ni chacun selon ses vues qu'ils ont à juger, mais dans un conseil et en se communiquant leurs lumières les uns aux autres. Qui ne croirait donc qu'ils vont former un jugement équitable et conforme aux lois les plus exactes de la justice et de la raison? cependant ces sages, tout sages qu'ils sont, se laissent aveugler; ces dévots se laissent prévenir, et ce conseil assemblé prononce enfm la. sentence la plus injuste, et trahit la cause de l'Innocent. Voilà, mes chers auditeurs, où nous conduit la faiblesse humaine, et ce qui doit servir à notre instruction :'nous avons dans nous-mêmes un tribunal * secret, et c'est à ce tribunal que nous appelons, comme d'un plein droit, le prochain pour le juger et le condamner; jugements aussi faux que celui des pontifes et des pharisiens de notre Evangile ; jugements téméraires, dont on se fait si peu de scrupule dans le monde, et dont je veux aujourd'hui vous représenter le crime , et vous faire craindre les. suites funestes ^ après que nous aurons salué Marie en ' lui disant : Àve Maria,
Trois .choses, dit saint Thomas, sont absolument nécessaii'es pour soutenir un jugement équitable ; l'autorité , la connaissance, l'intégrité: l'autorité dans la 'personne du juge, la connaissance dans son espi^it, et l'intégrité dàhs son cœur; l'autorité, pour pouvoir juger, la connaissance, pour savoir juger, et l'intégrité, pour vouloir bien juger. Si celui c|ui juge n'a pas un pouvoir et une autorité légitime, son jugement est chimérique et nul ; s'il n'a pas une juste connaissance de la cause, son jugement est feux et aveugle ; et s'il manque d'intégrité, son jugement est vicieux et cor-
rompu. De là concluons d'abord que les prêtres et les pha-^ risiens, en voulant juger Jésus-Christ, péchaient contre toutes les règles , et toutes les formes qui doivent être ob-»^ servées dans un jugement; car ils jugeaient sans autorité; puisque ce Fils du Dieu vivant ne dépendait point d'eux : ils jugeaient sans connaissance , puisqu'ils ne savaient pas qu'il était Fils de Dieu; et ils jugeaient sans intégrité, puisque la passion les animait contre lui, et qu'ils agissaient par intérêt. Trois défauts qui se rencontrent dans les jugements désavantageux que nous faisons du prochain, et d'où il s'ensuit que ce sont des jugements injustes et téméraires; défaut d'autorité, défaut de connaissance , défaut d'intégrité.^ Appliquez-vous, voici le partage de ce discours. Nous jugeons le prochain, mais noi\^ le jugeons témérairement, pourquoi? Parceque Dieu ne nous a donné sur lui nulle juridiction, ce sera la première partie : parceque nous ne pouvons pénétrer son cœur, ni le bien connaître, ce sera la seconde : enfin parceque ce sont nos passions qui nous préoccupent , et que notre intérêt propre est le plus ordinaire motif de nos jugements, ce sera la troisième. Ne jugeons donc point ; NolUe judicare (Luc. VI) ; c'est la conséquence que nous tirerons après. Jésus-Christ.