SUR LA PM&RB. 2S
mdRie 4e bmis en ëMmer toute TboiTeiir ^pie nous en «levons «voir, et après ce qu'elle a iaii, en vain voudrais-je y rien ajouter, persuadé d'ailleurs, oonme je le suis, que votre piété n'a nul besoin de ce remède. . Je pade d'alws moùas scandaleux, mais toujours très pernideux dans leurs conséquences, d'autant plus à craindre qu'ils sont plus ordinaires et qu'on les craint raoins« Je parle deces abus où nous voyous tomber tant d'ames cbrélieiines, qui abandonnant la voie de l'humanité et de sa simplicité, se laissent emporter k suivre des voies plus hautes en appai^enœ, mais dusses et trompeuses. Malheur que l'iUustre Thérèse déplorait autrefois devant Dieu ; et nous pouvons dire que Dieu l'avait susdtée pour nous apprendre à nous en préserver, puisqu'il nous a donné dans sa perscmne l'idée de la plus 8«ge et de la plus solide ouiduite. Or je réduis, mes chers auditeurs, ces abus à quatre espèces. La première, de ceux qui par une illusion visible confondent l-'oraisott extraordinaire avec des choses cpii ne sont rien moins qu'oraison, et qui sous ce nom spécieux déshonorent plutôt k religion. La seconde, de ceux qui par erreur et par ua défatut de disoernement, soit en spéculation, soit en prar tique, préfèrent l'oraison extraordinaire k l'oraison cornnume. La troisième, de ceux qui par un mouvement de présomption s'ingèrent d'eux-m^es, ou du moins tàclieut de s'élever à l'oraison extraordinaire, sans y être appelés de Dieu et même contre l'ordre de Dieu. Et la dernière, de ceux qui par un fonds de lâcheté et de paresse, et pour ne vouloir pas se captiver, sous ombre d'oraison extraordinaire, négligent les règles générales auxquelèes le Saint-Esprit dans L'Ecriture veut que nous nousassujettissians pour prier saintement et chrétienaenaent. Ne craignez pas que je m'étende sur aucun de ces quatre articles : j'ai cru pour î'accomplissenent de mon ministère, devoir une fois vous les proposer, et je ne m'y suis résolu qu'après qu'une expénenoe oon-
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firméé ni*en a fait recohMltre la nécessité; tUtâs en vousmarquant ces abus, j^àurai soin moi-même de ne pas lasser votre patience. Ecoutez-moi; ceci ne sera pas indigne de votre attention. '
On se croit dans la voie et dans Tétat d'une oraison extraordinaire, mais on est dans Fégarement d*une pitoyable > illusion : -on se croit prévenu des dons du ciel, mais on est^ ' si j'ose le dire, préoccupé de ses imaginations et de ses pen-* ' sées : on croit avoir part aux communications de Dieu, mais' on est livré à son propre sens dans lequel on abonde et qu'on * suit uniquement : en un mot, on confond ce que les Pères entendent* par oraison sublime, avec des choses qui n'en* approchèrent jamais, qui sont de pures visions de Tesprit' humain, qui bien souvent en sont les extravagances, qui' n'ont nul caractère de solidité et qui ne se trouvent fondées' sur aucun des principes de la religion. C'est en quoi je fais' consister le premier abus. Car j'appelle oraison chimérique, celle dont l'Evangile ne nous parle point, et que Jésus-Christ ni saint Paul ne nous ont jamais enseignée, n'étant ni vrai«= semblable ni possible que, dans le dessein qu'ils ont eu de nous apprendre toute perfection , ils nous eussent laissés' dans une ignorance profonde de ce qui devait être en matière d'oraison le plus haut degré de la perfection même. Or c'est justement ce qui serait arrivé : car en quel endroit, ou de l'Evangile, ou des autres livres sacrés, paraît-il le' moindre vestige de cent choses que le raffinement des der-' niers siècles a inventées , et qu'on a voulu faire passer dans le' monde pour oraison extraordinaire? J'appelle oraison chh* mérique celle qui, réduite aux principes, ne se trouve pas h Fépreuve de la plus exacte et la plus sévère théologie : la théologie, dit le savant chancelier Grerson, devant être par-ticulièrement en ceci comme la pierre de touche, pour dis» tinguer le faux et le vrai, ce qui est suspect et ce qui est sèr,^ce qui est vicieux et ce qui est louable et soutenable, et
tottt ce qui ne s'acebrde pas avec cette théologie ne pouvant être que la production d'iin esprit trompeur ou trompé. Or vous savez combien de ces manières d'oraison, que là* nouveauté ou rentètement avaient fait valoir dans le monde, soumises eusuife à la censure des docteurs , et par là au jugement de TEglise^ ont été rejetées et réprouvées, nonseulement comme vaines et frivoles, mais comme dange^ reuses et préjudiciables à la vraie piété. J'appelle oraison chimérique celle qui choque le bon sens, et contre laquelle . la droite raison se révolte d'abord ; ayant toujours été convaincu que le bon sens, quelque voie qu'on suive, doit être de tout, et que là ou le bon sens manque, il n'y a ni oraison ni don de.IHeu. Or cela seul ne devait-il pas suffire pour discerner la fausseté de tant d'espèces d'oraison qui ont servi de>piége aux âmes, faibles? et n'est-il pas étonnant que iBalgré ce bon sens universel qui a toujours réclamé contre un tel désordre, c'est-à-dire, que malgré l'opposition de, tous les esprits judicieux et de tous les iiommes sages, ou n'ait pas laissé de courir après ces fantômes d'oraison, et qu'à la honte du christianisme on ait vu ces fantômes i'em* porter souvent sur l'oraison sohde et véritable? J'appelle oraison chimérique, celle dont les termes et les expressions, même semblent n'être propres qu à décrier la religion et à. la faire-tomber dans le mépris : la- religion, disait Lactance, ne devant rien admettre ni rien autoriser qui ne soit digne de la majesté*et de la sainteté du culte de Dieu*, et l'oraison pour p^u qu'elle se démente de ce caractère, cessant d'être ce qu'elle est, et ne méritant plus le nom qu'elle porte. Or voilà, chrétienne compagnie, ce qui fait le sujet de ma douleur, quand je vois se répandre dans le monde tant délivres, sans choix, où sous prétexte d'oraison la rehgion est toute déûgurée, et qui , par un goût dépravé du siècle où nous vivons, ont néanmoins leurs approbateurs. J'appelle oraison, chimérique celle qui de la manière qu'on la propose est ab-