CHAPITRE XI
La prophétie de Malachie, qui est le dernier des prophètes ; et rachèvement du second temple.
Enfin le temple s'achève ; les victimes y sont immolées ; mais les Juifs avares y offrent des hosties défectueuses. Malachie, qui les en reprend, est élevé à une plus haute considération j et, à l'occasion des offrandes immondes des Juifs, il voit Voffrande toujours pure et jamais souillée qui sera présentée à Dieu, non plus seulement comme autrefois dans le temple de Jérusalem, mais depuis le soleil levant jusqu'au couchant ; non plus par les Juifs, mais par les Gentils, parmi lesquels il prédit que le nom de Dieu sera grand 3.
Il voit aussi, comme Aggée, la gloire du second temple et le Messie qui l'honore de sa présence : mais il voit en même temps que le Messie est le Dieu à qui ce temple est dédié. « J'envoie mon ange, dit le Sei- « gneur *, pour me préparer les voies, et incontinent vous verrez ar- « river dans son saint temple le Seigneur que vous cherchez, et l'ange « de l'alliance que vous désirez. »
Un ange est un envoyé : mais voici un envoyé d'une dignité mer- Teilleuse; un envoyé qui a un temple, un envoyé qui est Dieu, et qui entre dans le temple comme dans sa propre demeure ; un envoyé désiré par tout le peuple, qui vient faire une nouvelle alliance, et qui est appelé, pour cette raison, l'Ange de l'alliance ou du testament.
C'était donc dans le second temple que ce Dieu envoyé de Dieu devait paraître : mais un autre envoyé précède, et lui prépare les voies. Là nous voyons le Messie précédé par son précurseur. Le caractère de ce précurseur est encore montré au prophète. Ce doit être un nouvel Élie, remarquable par sa sainteté, par l'austerifé de sa vie, par son autorité et par son zèle ^.
4. /. Esdr. III, 12. — 2, Agg. n, ", 8^ 9, 10. — 3. Mal. i, u. — A. Mal. m, ^. — 5. Mal. m, I. IV, 3, 6.
Ainsi le dernier prophète de l'ancien peuple marque le premier prophète qui devait venir après lui, c'est-à-dire cet Elie, précurseur du Seigneur qui devait paraître. Jusqu'à ce temps le peuple de Dieu n'avait point à attendre de prophète ; la loi de Moïse lui devait suffire : et c'est pourquoi Malachie finit par ces mots i : « Souvenez-vous de la loi « que j'ai donnée sur le mont Horeb à Moïse mon serviteur pour tout « Israël. Je vous enverrai le prophète Éhe, qui unira le cœur des pères « avec le cœur des enfants, » qui montrera à ceux-ci ce qu'ont attendu les autres.
A cette loi de Moïse, Dieu avait joint les prophètes qui avaient parlé en conformité, et l'histoire du peuple de Dieu faite parles mêmes prophètes, dans laquelle étaient confirmées par des expériences sensibles les promesses et les menaces de la loi. Tout était soigneusement écrit; tout était digéré par l'ordre des temps : et voilà ce que Dieu laissa pour l'instruction de son peuple quand il fit cesser les prophéties.