‹ Chefs-d'uvre de BossuetChapitre 98 sur 102 · PANEGYRIQUE DE SAINT PAUL · texte numérisé non relu

PANEGYRIQUE DE SAINT PAUL

vous hait depuis tant d'années, c'est un infirme qu'il vous faut guélir. Mais sa haine est invétérée : donc son infirmité est plus dangereuse. Mais il vous a, diles-vous, maltraité souvent par des injures et par des outrages : soutenez son infirmité, tout le mal est tombé sur lui : ayez pitié du mal qu'il s'est fait, et oubliez celui qu'il a voulu vous faire. Courez à ce pécheur endurci, réchauffez et rallumez sa charité éteinte ; tendez-lui les bras, ouvrez-lui le cœur, tâchez de gagner votre frère.

Mais jetez encore les yeux sur les nécessités temporelles de tant de pauvres qui crient après vous. Ne semble-t-il pas que la Providence ait voulu les unir ensemble dans cet hôpital merveilleux, afin que leur voix fûtplus forte, etqu'ils pussent plus aisément émouvoir vos cœurs? Ne voulez-vous pas les entendre, et vous joindre à tant d'âmes saintes qui, conduites par vos pasteurs, courent au soulagement de ces misérables ? Allez à ces infirmes, mes frères, faites-vous infirmes avec eux; sentez en vous-mêmes leurs infirmités, et participez à leur misère. Souffrez premièrement avec eux, et ensuite soulagez-vous avec eux, en répandant abondamment vos aumônes. Portez ces faibles et ces impuissants ; et ces faibles et ces impuissants vous porteront après jusqu'au ciel. Amen.

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