‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 112 sur 229 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

J'ai cru devoir le sien aux lieux qui m'ont vu naître. Si dans vos sentiments mon zèle est criminel , S'il m'en faut recevoir un reproche éternel , Si ma main en devient honteuse et profanée ' , Vous pouvez d'un seul mot trancher ma destinée; Reprenez tout ce sang de qui ma lâcheté A si brutalement souillé la pureté.

Ma main n'a pu souffrir de crime en votre race , Ne souffrez point de tache en la maison d'Horace. C'est en ces actions dont l'honneur est blessé Qu'un père tel que vous se montre intéressé : Son amour doit se taire où tout excuse est nulle - , Lui-même il y prend part lorsqu'il les dissimule ; Et de sa propre gloire il fait trop peu de cas, Quand il ne punit point ce qu'il n'approuve pas.

LE VIEIL HORACE

11 n'use pas toujours d'une rigueur extrême;

Il épargne ses fils bien souvent pour soi-même ;

Sa vieillesse sur eux aime à se soutenir,

Et ne les punit point, de peur de se punir.

Je te vois d'un autre œil que tu ne te regardes ;

Je sais... Mais le roi vient ; je vois entrer ses gardes.

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