ACTE IV, SCÈNE I
Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.
AUGUSTE
Lui seul les encourage, et lui seul les séduit! 0 le plus déloyal que la terre ait produit ! 0 trahison conçue au sein d'une furie ! 0 trop sensible coup d'une main si chérie ! Cinna tu me trahis!... Polyclète, écoutez.
(Il lui parle à l'oreille.) POLYCLÈTE.
Tous vos ordres, seigneur, seront exécutés.
(Polyclète sort.) AUGUSTE.
Qu'Éraste en même temps aille dire à Maxime Qu'il vienne recevoir le pardon de son crime.
EUPHORBE
Il l'a jugé trop grand pour ne pas s'en punir '.
A peine du palais il a pu revenir,
Que, les yeux égarés, et le regard farouche ,
Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche ,
Il déteste sa vie et ce complot maudit.
M'en apprend l'ordre entier tel que je vous l'ai dit ;
Et m'ayant commandé que je vous avertisse,
Il ajoute : « Dis-lui que je me fais justice,
« Que je n'ignore point ce que j'ai mérité. »
Puis soudain dans le Tibre il s'est précipité,
Dont l'eau grosse et rapide, et la nuit assez noirc^
M'ont dérobé la fin de sa tragique histoire.
AUGUSTE
Sous ce puissant remords il a trop succombé , Et s'est à mes bontés lui-même dérobé ; Il n'est crime envers moi qu'un repentir n'efface. Mais puisqu'il a voulu renoncer à ma grâce , Allez pourvoir au reste, et faites qu'on ait soin De tenir en lieu sûr ce fidèle témoin.
1 Ce lâche et inutile mensonge d'Euphorbe est indigne de la tragédie. (V.)
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