‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 183 sur 229 · SCENE III PAULINE, STRATONICE · texte numérisé non relu

SCENE III PAULINE, STRATONICE

STRATONICE

oe VOUS ai plaints tous deux, j'en verse encordes larmes; Mais du moins votre esprit est hors de ses alarmes^ : Vous voyez clairement que votre songe est vain ; Sévère ne vient pas la vengeance à la main,

PAULINE

Laisse-moi respirer du moins, si tu m'as plainte : Au fort de ma douleur tu rappelles ma crainte ; Souffre un peu de relâche à mes esprits troublés^ Et ne m'accable point par des maux redoublés.

STRATONICE

Quoi! vous craignez encor?

PAULINE

Je tremble , Stratonice ; Eh bien que je m'effraie avec peu de justice , Cette injuste frayeur sans cesse reproduit L'image des malheurs que j'ai vus cette nuit,

STRATONICE

Sévère est généreux.

PAULINE

Malgré sa retenue,

1 Ces vers-ci sont un peu de l'églogue. (Volt.)

Cette scène ne contribue en rien au nœud de la pièce ; mais elle est intéressante par elle-même. Corneille sentait bien que l'entrevue de deux personnes qui s'aiment et qui ne doivent pas s'aimer ferait un très-grand eflet; et l'hôtel de Rambouillet ne sentit pas ce mérite. (Volt.)

2 Ou dit hors d'alarmes, mais non hors de ses alarmes, parce qu'on n'est pas hors de quelque chose qu'on a; il est hors de viesure, et non hors de sa mesure. (Volt.)

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