‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 190 sur 229 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Je reconnois Néarque et j'en pleure de joie.

Ne perdons plus de temps, le sacrifice est prêt; Allons-y du vrai Dieu soutenir l'intérêt; Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule • Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule ; Allons en éclairer l'aveuglement fatal - : Allons briser ces dieux de pierre et de métal ; Abandonnons nos jours à cette ardeur céleste ; Faisons triompher Dieu : qu'il dispose du reste.

NÉARQUE

Allons faire éclater sa gloire aux yeux de tous, Et répondre avec zèle à ce qu'il veut de nous.

1 Voilà un exemple d'un mot bas noblement employé. (Volt.)

C'est le seul éloge que Voltaire croie devoir donner à cette scène admirable. Polyeucte n'est à ses yeux qu'un fanatique , une espèce de fou furieux dont tout le monde attend avec impatience la juste punition. On conçoit qu'en se plaçant il ce point de vue le commentateur ait du trouver bien plus à blâmer qu'à louer dans la plus belle peut-être des tragédies de Corneille.

2 On éclaire des yeux; on n'éclaire point un aveuglement, on le dissipe, on le guérit. (Volt.)

La faute consiste surtout, ce nous semble, en ce que éclairer , qui est pris ici au propre, exprime une action physique, tandis qn aveuglement exprime une situation morale, un état de l'esprit.

FIN DU DEUXIEME ACTE

328 POLYEUCTE

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