SCÈNE III FELIX, PAULINE, STRATONICE
FÉLIX
Une telle insolence avoir osé paroître !
En public ! à ma vue! 11 en mourra, le traître.
PAULINE
Souffrez que votre fille embrasse vos genoux.
FÉLIX
Je parle de Néarque , et non de votre époux. Quelque indigne qu'il soit de ce doux nom de gendre, Mon âme lui conserve un sentiment plus tendre ; La grandeur de son crime et de mon déplaisir N'a pas éteint l'amour qui me l'a fait choisir.
PAULINE
Je n'attendois pas moins de la bonté d'un père.
Je pouvois l'immoler à ma juste colère : Car vous n'ignorez pas à quel comble d'horreur De son audace impie a monté la fureur ; Vous l'avez pu savoir du moins de Stratonice.
PAULINE
Je sais que de Néarque il doit voir le supplice,
de plusieurs mots qui sont tous régis par nous voyons , se dérobe , en quelque sorte, dans la foule, et l'art du poète est d'avoir su le placer de manière que cette licence soit à peine remarquée : dans les récits vifs et animés, elle est familière à tous nos poètes. (P.)
1 II y a là un grand intérêt : c'est là, encore une fois, ce qui fait le succès des pièces de théâtre. (Volt.)