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ACTE IV, SCENE II 3i

Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire. Vous étalez en vain vos charmes impuissants ; Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire Ces ennemis de Dieu pompeux et tlorissants. Il étale à son tour des revers équitables

Par qui les grands sont confondus;

Et les glaives qu'il tient pendus '

Sur les plus fortunés coupables

Sont d'autant plus inévitables,

Que leurs coups sont moins attendus.

Tigre altéré de sang, Décie impitoyable. Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens : De ton heureux destin vois la suite effroyable. Le Scythe va venger la Perse et des chrétiens. Encore un peu plus outre , et ton heure est venue - ;

Rien ne t'en sauroit garantir;

Et la foudre qui va partir,

Toute prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par l'attente du repentir.

Que cependant Félix m'immole à ta colère;

Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux ;

Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père ,

Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux :

Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.

Monde, pour moi tu n'as plus rien :

Je porte en un cœur tout chrétien

Une flamme toute divine ;

Et je ne regarde Pauline

Que comme un obstacle à mon bien.

Saintes douceurs du ciel, adorables idées,

1 Qu'il tient sitspenius serait mieux. Pendus n'est pas agréable. (Volt.)

2 Outre, plus outre, ultra, ulterius.

348 POLYEUCTE

Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir :

De vos sacrés attraits les âmes possédées

Ne reçoivent plus rien qui les puisse émouvoir.

Vous promettez beaucoup, et donnez davantage : Vos biens ne sont point inconstants, Et l'heureux trépas que j'attends Ne vous sert que d'un doux passage Pour nous introduire au partage Qui nous rend à jamais contents.

C'est vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre, Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.

Je la vois ; mais mon cœur, d'un saint zèle enflammé, N'en goûte plus l'appas dont il étoit charmé; Et mes yeux, éclairés des célestes lumières, Ne trouve plus aux siens leurs grâces coutumières '.

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