‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 217 sur 229 · ACTE IV, SCÉiNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÉiNE VI

Ce n'est qu'amour entre eux, que charité sincère. Chacun y chérit l'autre, et le secourt en frère : Ils font des vœux pour nous qui les persécutons' ; Et, depuis tant de temps que nous les tourmentons, Les a-t-on vus mutins '? les a-t-on vus rebelles? Nos princes ont-ils eu des soldats plus fidèles? Furieux dans la guerre, ils souffrent nos bourreaux ; Et , lions au combat, ils meurent en agneaux. J'ai trop de pitié pour ne les pas défendre. Allons trouver Féhx ; commençons par son gendre; Et contentons ainsi , d'une seule action , Et Pauline, et ma gloire, et ma compassion.

1 Remarquez ici que Racine, dans Esiher, exprime la même chose en ciii(| vers :

Tandis que votre main sur eux appesantie A leurs persécuteurs les livrait sans secours, Ils conjuraient ce Dieu de veiller sur vos jours. De rompre des méchants les trames criminelles. De mettre votre trône à l'omhrede ses ailes.

(Acte m, se. iv.)

Sévère, qui ])arle en homme d'État, ne dit qu'un mot, ce mot est plein d'énergie : Esther, qui veut toucher Assuérus, étend davantage cette idée. Sévère ne fait ([u'une réflexion; Esther fuit une prière : ainsi, l'un doit être concis, et l'autre déployer une éloquence attendrissante. Ce sont des beautés différentes, et toutes deux à leur place. On peut souvent faire de ces comparaisons; rien ne contribue davantage à épurer le goût. (Volt.)

FIN DU QUATRIEME ACTE

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