‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 56 sur 229 · L'INFANTE, LÉONOR · texte numérisé non relu

L'INFANTE, LÉONOR

l'infante.

Où viens- tu, Léonor?

LÉONOR

Vous applaudir, Madame , Sur le repos qu'enfin a retrouvé votre âme.

D'où viendroit ce repos dans un comble d'ennui?

LÉONOR

Si l'amour vit d'espoir, et s'il meurt avec lui, Rodrigue ne peut plus charmer votre courage : Vous savez le combat où Ghimène l'engage. Puisqu'il faut qu'il y meure, ou qu'il soit son mari , Votre espérance est morte, et votre esprit guéri.

l'infante.

Oh! qu'il s'en faut encor!

LÉONOR

Que pouvez-vous prétendre?

l'infante.

Mais plutôt quel espoir me pourrois-tu défendre? Si Rodrigue combat sous ces conditions , Pour en rompre l'effet j'ai trop d'inventions ; L'amour, ce doux auteur de mes cruels supplices. Aux esprits des amants apprend trop d'artifices.

LÉONOR

Pourrez-vous quelque chose, après qu'un père mort N'a pu dans leurs esprits allumer de discord?

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