SCÈNE I
Le vieil HORACE, CAMILLE.
LE VIEIL HORACE
Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme. Qu'il me fuie à l'égal des frères de sa femme ; Pour conserver un sang qu'il tient si précieux Il n'a rien fait encor , s'il n'évite mes yeux. Sabine y peut mettre ordre , ou derechef j'atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste ' . . .
CAMILLE
Ah! mon père, prenez un plus doux sentiment; Vous verrez Rome même en user autrement , Et, de quelques malheurs que le Ciel l'ait comblée, Excuser la vertu sous le nombre accablée.
LE VIEIL HORACE
Le jugement de Rome est peu pour mon regard - ; Camille, je suis père, et j'ai mes droits à part. Je sais trop comme agit la vertu véritable ; C'est sans en triompher que le nombre l'accable , Et sa mâle vigueur, toujours en même point. Succombe sous la force, et ne lui cède point Taisez-vous ; et sachons ce que nous veut Valère.
1 Derechef et la iroupe céleste sont hors d'usage. La troupe céleite est bannie du style noble, surtout depuis que Scarron l'a employée dans le style burlesque. (Volt.)
2 Pour mon regard est suranné et hors d'usage : c'est pourtant une expression nécessaire. (Volt.)