‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 98 sur 229 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Le vieil HORACE, CAMILLE.

LE VIEIL HORACE

Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme. Qu'il me fuie à l'égal des frères de sa femme ; Pour conserver un sang qu'il tient si précieux Il n'a rien fait encor , s'il n'évite mes yeux. Sabine y peut mettre ordre , ou derechef j'atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste ' . . .

CAMILLE

Ah! mon père, prenez un plus doux sentiment; Vous verrez Rome même en user autrement , Et, de quelques malheurs que le Ciel l'ait comblée, Excuser la vertu sous le nombre accablée.

LE VIEIL HORACE

Le jugement de Rome est peu pour mon regard - ; Camille, je suis père, et j'ai mes droits à part. Je sais trop comme agit la vertu véritable ; C'est sans en triompher que le nombre l'accable , Et sa mâle vigueur, toujours en même point. Succombe sous la force, et ne lui cède point Taisez-vous ; et sachons ce que nous veut Valère.

1 Derechef et la iroupe céleste sont hors d'usage. La troupe céleite est bannie du style noble, surtout depuis que Scarron l'a employée dans le style burlesque. (Volt.)

2 Pour mon regard est suranné et hors d'usage : c'est pourtant une expression nécessaire. (Volt.)

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