‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 99 sur 229 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Le vieil HORACE, VALÈRE, CAMILLE.

VALÈRE

Envoyé par le roi pour consoler un père , Et pour lui témoigner...

LE VIEIL HORACE

N'en prenez aucun soin , C'est un soulagement dont je n'ai pas besoin; Et j'aime mieux voir morts que couverts d'infamie Ceux que vient de m'ôter une main ennemie. Tous deux pour leur pays sont morts en gens d'honneur ; Il me suffit.

VALÈRE

Mais l'autre est un rare bonheur ; L>e tous les trois chez vous il doit tenir la place.

LE VIEIL HORACE

Que n'a-t-on vu périr en lui le nom d'Horace !

VALÈRE

Seul vous le maltraitez après ce qu'il a fait.

LE VIEIL HORACE

C'est à moi seul aussi de punir son forfait.

VALÈRE

Quel forfait trouvez-vous en sa bonne conduite?

LE VIEIL HORACE

Quel éclat de vertu trouvez-vous en sa fuite ?

VALÈRE

La fuite est glorieuse en cette occasion.

LE VIEIL HORACE

Vous redoublez ma honte et ma confusion ' . Certes l'exemple est rare et digne de mémoire ,

1 Celte méprise dure trop longtemps pour être naturelle. C est le même défaut que dans la scène de Chimène avec don Sanche dans le Cid.

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