SUR RICHARD II
6r«ninl. — Mais pas meiâîniile, roi , que ta ptirss^s donner : tu peux abréger mes jour» par tm wmtwe chffgrin, ta peux m'enlever des nuits , mais ta ûe saura» mé donner cm lende-^ maân. Tu peux aider le temp^ à sillonner mon front des trax;es de la vieillesse, mais tu ne saurais arrêter le progrès d*anè setàe de mes rides. Ta parole est aussî> puissante <|ae le temps, s'ilsVgit de mon trépas; si je 8ui9=mort> ton rvfaume ne peut m& racheter la vie« »
Le duc d'York démontre à Gaunt rinutUité de ses ewnseil» sur un esprit comme celui de Riehard* Gaunt kii répond ;
•— « On difl pourtant q^e, comme une solenneUe hiffiiioiiie, fa ▼oîx des mourants captive Fatteaiiea ; que lorsque les parole lï sont rares, dles ne sont guère jetées en val* } cm ce^n'esi q<Ae It' vérité qais'eihale au mitieitdes soufiraiGeSr et celui qui ne^ parlb plu» trouve des oreilles plus attei^ives que Fiiomme ias^ truitani discourS'agFéabteSy par la jeanesse et te santé. On re^ marque plus la fia d'um homme que la tie qui l'a précédée, de même que le coudier du soldl» la dernière phrase d'un air> la dernière saveur d'an mets agréable, sont les impressions dont la douceur se prolonge le plus et qui se gravent mieux dans la mémoire que les choses passée»' depuis longtemps. Quoique Richard ait refiisé d'écouter les conseils quo lui donna ma vie, mes tristes discours de mort peuvent encore vaincre la dureté de son oreille. » ^
Bushy, un des favoris du roi, essaye d'expliquer les sombres pressentiments dontki reine est obsédée depuis le départ de son époux.
(t Chaque cause réelle d^dbuleur donne naissance à* vingt om- » bres diverses qui ressemblent chacune à un chagrin, sans en » être un véritable. L'œil de l'affli<îtîon, ébloui par les larmes » qui l'aveuglent , décompose une seule' chose en'plusieurs oB- » jets, comme ces peintures qui vues de face, n'oïïirent que des » images conâises, et qui regardées ol^liquemeatipréscpteiit » des formes distinctes. » '
Richard , de retour d'iriandor, «è voyant atlfequé par des r^Delles, croit qu'il n'a qu'à se montrer -pour les dissiper- II' exprime ainsi la confiance qu'il a en lui-même :
« Non , toutes les' eaux de la mer orageuse n'enleverai^nc » pas du front d'un roi le batame dont il a reçu l'onctiott
» Le souffle d'une voix mortelle ne saurait déposer l'élu du » Seigoeur. Autant d'hommes a rassemblés Bolingbroke pour » lever un fer menaçant contre notre couronne d'or, autant le » Dieu des armées rassemble au ciel d*anges resplendissants » pour défendre son protégé Richard ; et si les anges com- » battent 9 il faut que les faibles mortels succombent ; car le » ciel maintient toiiyours les droits légitimes. »
Quand Richard se voit abandonné, il tombe dans un honteux abattement.
« Au nom du ciel, asseyons-nous snr la terre, rappelons-nous » les tristes histoires de la mort des rois, et comment quelques- 9 uns ont été déposés^et plusieurs autres tués au champ d'hon- » neur; certains ont été poursuivis par les fantômes de ceux » qu'ils avaient dépossédés; d'autres ont été empoisonnés par » leurs femmes, ou égorgés en dormant : que d'assassinats! La » mort tient sa cour dans le creux de la couronne qui ceint le 9 front d'un roi ; c*est là qu'elle siège avec une ironie amère, x> se riant de la grandeur du souverain, insultant à sa pourpre. D Elle lui accorde un souffle de vie, une courte scène, pour jouer ]> le monarque, être craint, et le tuer de ses regards en l'eni- 9 vrant d'une vaine opinion de lui-même, comme si cette chair » qui sert de rempart à notre vie était d'un bronze impénétra- » ble. Après s'être divertie ainsi , elle en vient au dernier acte , » et , avec une frêle épingle , elle traverse ce rempart si bien » défendu, et... adieu le roi! Couvrez vos têtes et n'insultez ]» pas, par ces hommages solennels, à une masse de chair et de D sang ; jetez bas le respect , l'étiquette, les formalités, les de- » voirs cérémonieux. Vous m'avez pris pour un autre jusqu'à » présent : je vis de pain, comme vous ; comme vous je sens ]» les privations, je savoure la douleur ; j'ai besoin d'amis. As- » sujetti de la sorte, comment pouvez- vous me dire que je D sois un roi. »
Le roi rejette les conseils de l'évêque de Carlisle et d'Aumerle, qui essayent de ranimer son courage :
» Je haïrai d'une haine éternelle quiconque m'exhortera en- B core à me consoler. Allons au château de Flint. J'y veux D mourir de ma douleur. Un roi vaincu par l'infortune doit s'y » soumettre en roi. Congédiez les troupes qui me restent et x> qu'elles aillent labourer la terre qui leur offre encore quel-