‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 113 sur 153 · HENW IV, ROI D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

HENW IV, ROI D'ANGLETERRE

!*• FAWitB.— THAGÉDIE.

Henri apprend que Mortimer , envoyé contre Glendower, chef des rebelles de la province de Galles, a été défait , et que Senri Pe;*ey> seq général, a y«ioeu le comi» de Douglas, chef 4es révoltés d'Ëeo^se; maU qu'isafléda u victoire, il ne veut p^ que Iq ffÀ 4jspoae de «?§ prisapoiers. Parmi ces prisoor lûer9 se trouva le SU de Dougl»» môme. JLe m , irrité , s'en pUi9t h Northufr4>erlaiid et k WorQeater» l'un père , l'autre x)pclje de P^roy, Cetoi^çi nrrlv ç, H m i*f^Ym refusé les prisonniers au m ; il 4em«ode seulçm^Pt que le priiL de leur rmçQi^ serv.ç II raobot^r Mortimeri ^on b<9au-frére« priâonnier 4e tileudowar* Lo roi» qui soupçonne M^timer d'infidélité, 4écUre qu'il m le rachètera jamais» et s'emporte môme contre îîQrthttmberlJind , Worcfister et Percy, Dès lors , tous trois projettent de le détrôner et de couiv^nner Mortimer» Percy renvoie tous 909 prîa^ini^ «poi rsnçop , mù9M la fils du 4îomte ^ Douglas, Le rpi appelle son fils alué Banri , prince de Galles, sur les déj^ordres duquel il gémit » et emploie tout ce quels tendresse pat^melle peut inspirer pour le ramaner à la vertu. Il lui fait part 4e 1a eonjuraMon prête h éelet«r contre lui , et excite son émulation pttr le tableau de la gloire de Percy. On vient annoneer que le^ rebelles et les Écossais réunis doir vent arriver au premier jeur à Sbrewsbury, Henri* qui a fait toutes «esî dispositions paur les prévenir» na parati poiut éfliu«

Percy ej; Dqu^I^S^ qMOiqu'infériwr^^n nombre, veplçnt tepter la bataille, nialgré Ips rçipçntranees d# Wpr^j^ster. Qepepda»^ on convient d'une entrevue avant la bataille ; Worcester y pa^ raît de la part des rebelles. J^e prince de Qalles prppp^e un combat singulier entre lui et Percy. Mais Wprcestqr, se déflunt des promesses du rpi, fait échouer ce projet. La bataille §e livre.

SUR HENRI IV,***I'e PARTIE. «B5

Le prince de Galles (sauve son p^re que Douglas allait frapper. 11 attaque ensuite Percy et le tue. Worcester est fait pri*. sonnier, et envoyé au supplice. Douglas tombe de cheval dans la fuite, et se rend prisonnier au prince de Galles (pii demande sa grâce au roi , et Tobtient. Henri marche avec ses enfants contre Glendower, le soumet, et le reste des mécontents avec lui.

8hakH)eare écrivit ce drame vers Tan 1597 ; il en puisa les matériaux dans six anciennes pièces. L'action commence à la défaite des Ecossais par Hotspur h Hallidown^Hili > le 14 sep<tembrc 1403 , et se termine à ladéfsûte et h la mort de ce chef, à Shrewsbury, le 21 juillet 1403. Aucune des productions de Shakspeare n'est plus lue que les deu< parties du Henri IV* l^es discours du roi Henri, quoique d'une diction belle et nerveuse, sont beaucoup trop longs; les nombreuses saillies de gaieté dont le drame étincelle sont quelquefois d'un geare trop bas : mais Tinimitable Falstaff , ses risibles soliloques , ses bizarres investigations et son invincible présomption, plus grande et plus ridicule quand elle est opposée i sa rampante poltronerie, donnent k ce vieux gros garçon le principal attrait de la pièce.

Le colérique Hotspur et l'étourdi prince de Galles offrent des portraits charmants. Plein d'un courage ardent, à la fois gén^euxet arrogant, chevaleresque et ouvert, doué d'un es** prit élevé, Hotspur nous apparaît comme un modèle d'héroïsme enthousiaste et impétueux. H offre un contraste frappant avec le prince de Galles. Celui-ci , également brave et intrépide , réunit tous les arts agréables. Il est gai, doux, spirituel; et» si les penchants pour les plaisirs lé rapprochent de compagnons indignes de lui , tout en se livrant à son humeur fantasque et à ses saillies de gaieté, il sait toujours conserver sa supériorité intellectuelle.

Quant à Falstaff, son esprit est inépuisable ; sa gaieté et sa bonne humeur ne dévient jamais; son adresse est fine et maligne; et, comme Topinioa favorable de ses associés est jusqu'à un certain point essentielle à ses jouissances , il s'efforce d'ins^ pirerauprmce la confiance dans son amitié et son Courage, sa neeoimaissance et sa fidélité ; de même qu'il veut imposer à »^ égaux et à ses inférieurs le sentiment de son importance militaire et politique. Johnson fait de lui ce portrait frappant :

a Falstaff, inimité, inimitable, Falstaff, comment te décrire.

toi qui es on composé de sens et de vices; de sens qu on peu admirer , mais non estimer ; de vices qu'on peut mépriser , mais qu'on a peine à détester ? Falstaff est un personnage chargé de fautes , et de ces fautes qui excitent naturellement le mépris : c'est un fripon, un glouton, un lâche et un fanfaron ; toujours prêt à tromper le faible et à piller le pauvre, à foire peur aux gens timides et à insulter l'homme sans défense ; à la fois obséquieux et méchant^ il critique^ en leur absence, ceu avec lesquels il vit, en les flattant. Il est familier avec le prince , seulement comme agent du vice : il est si fier de cette familiarité que non - seulement il se croit en droit d'être hautain avec les autres hommes, mais encore il se juge très-important pour les intérêts du duc de Lancastre. Cependant cet homme si corrompu, si méprisable /se rend nécessaire au prince , qui le méprise , par la plus agréable de toutes les- qualités» par une gaieté continuelle , par ce talent infaillible qu'il a de faire rire ; talent auquel il se livre d'autant plus que son esprit n'est pas brillant , mais qu'il consista en boutades aisées et en saillies de légèreté , qui amusent , sans exciter l'envie, d

Shakspeare a admirablement tracé les caractères des compagnons de Falstaff, tels que fiardolph, Pistol, mistress Quickly, et les magistrats Shallow et Silence. Peut-on imaginer rien de plus plaisant et de plus original que les scènes où paraissent ces deux derniers : le babil, la vanité et la simplicité de Shallow: la sotte gravité de Silence, sa protection qu'il accorde à Shallow, sont présentées avec une naïveté, une force et une plénitude de conception, qu'on chercherait en vain ailleurs.

Falstaff explique l'amitié qui existe entre le prince et Foins par la grosseur de leurs jambes ; il compare le juge Shallow à un homme qui fait son souper d'une pelure de fromage. On ne peut voir une gradation de caractère plus frappante que celle qui existe entre Falstaff et Shallow, et entre ce dernier et Silence. Le soliloque sur l'honneur, la description de nouvelles recrues qu'il vient de lever, sa rencontre avec le chef de la justice , le mal qu'il dit du prince et de Poins, qui l'entendent ; sa réconciliation avec mistress Quickly, qui Fa arrêté pour une ancienne dette, et à qui il persuade de mettre en gage sa vaisselle, pour lui prêter dix livres sterling de pins ; les scènes entre Shallow et Silence; tout cela est inimitable.

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