SUR HENRI IV.—I" PARTIE
Falstaff répond avec un calme imperturbable à tous les traits
moqueurs du prince de (killes*
— « Tu m*as fait bien du tort^ Hal(i)I Dieu te le pardonne ! Mais avant de te connaître, Haly je ne savais rien; à présent , s'il faut te parler vrai, je ne vaux guère mieux que ce qu'il y a de pire. Il faut que je renonce à cette vie-là» et j'y renoncerai. Par le Seigneur, si je ne tiens parole , je veux être un misérable ; car il n'y a pas dans la chrétienté un fils de roi pour qui je veuille me faire damner.
Henri. — Où irons-nous dedtain couper une bourse, Jack?
Falit. — Où tu voudras, mon garçon ; je suis de la partie. Si je n'y vais pas, appelle-moi vilain gueux et fais de moi ton jouet.
Henri, — Je vois que tu t'amendes bien : passer de la prière à couper des bourses I
Falit. — Que veux-tu, Halî c*est une vocation; et ce n'est pas un péché de suivre sa vocation. »
Désespoir de Fabtaff de qui un de ses camarades a caché le cheval.
« Il faut que je sois maudit pour voler dans la compagnie de » ce filou-là. €e scélérat a emmené mon cheval et Ta attaché D je ne sais où. Si j'essaye seulement d'avancer sur mes jambes » de quatre pieds carrés, je vais perdre haleine. Allons, je ne x> doute plus que malgré tout je ne meure de ma belle mort , x> si j'échappe à la corde pour tuer ce fripon-là. Il y a vingt- » deux ans que je jure tous les jours et à toutes les heures de » renoncer à sa compagnie, et cependant je suis ensorcelée 0» ne pouvoir le quitter. Oui, je veux être pendu, si ce scélé* » rat ne m'a donné quelques drogues qui me forcent à Taimer. DGela ne peut être autrement; j'aurai pris quelques drogues. » Poins?Hal?.... peste soit de vous deux... Bardolph?Peto?... » Je mourrai plutôt de faim que de faire un pas de plus pour » voler. S'il n'est pas vrai que j'aimerais autant devenir hon- » note homme et quitter ces drôles-là, que de boire un verre » de vin , je veux être le plus fieffé maraud qui ait jamais I» marché avec une dent. Huit toises de chemin raboteux sont D autant pour moi que soixante-dix milles , et ces scélérats au x> cœur de pierre le savent bien. C'est une malédiction, quand
(i) Abréviation de Henri.
NOTICB
B les volean ne savent pas se garder fidélité les nns anx autres. ( OnsifUe.) La peste survoas tons! donnez-moi mon Achevai, manants» donoez*moi mon cheval , et allez vous » faire pendre I »
Relierions de Henri snr un garçon de taverne aux dépens duquel Poins et lui se sont amusés.
a Que ce drôle-là possède moins de mots qu'un perroquet^ D et qu*il soit cependant fils d'une femme I Toute sa science » se borne à monter et à desc^dre, et son éloquence à la » somme totale d'un écot. Je ne suis pourtant pas encore du » caractère de Percy , chaud éperon du nord y lui qui vous tue » quelques six ou sept douzaines d'Écossais à un déjeûner et » dit à sa femme : Ohl que je hais cette vie oisivel j'ai besoin de » m'occuper. Oh I mon cher Henri , dit-ellè , combien en as-tu » tué aujourd'hui ? — Donnez à boire à mon cheval rouan D moucheté, » dit^il; et il répond une heure après : or Environ » quatorze , une bagatelle , une bagatelle t » •