Scène II
JULES CËSAR.
Lei eiU — Le testament I le testament 1 nons'youlons entendre Je testament de César.
AnU — Modérez-Tous, mes bons amis, je ne dois pas le lire. Il n'est pas à propos que tous sachiez combien Gésar tous aimait. Vous n'êtes pas des blocs insensibles, rous n'avez pas des cœurs de rocher : vous êtes des hommes; et, si vous entendiez le testament de César, il vous enflammerait, il vous rendrait furieux. Il est bon que vous ne sachiez pas que vous êtes ses héritiers ; car, si vous le saviez, oh I qu'en arriverait-il ?
Qualr, eU. — Lisez le testament ; nous voulons l'entendre, Antoine ; vous nous lirez le testament, le testament de Césai*. . Ant, — Voulez- vous avoir de la patience ; voulez- vous différer quelque temps. Je me suis laissé emporter trop loin en vous parlant du testament ; je crains de faire tort à ces hommes ho^ norables dont les poignards ont percé César : je le crains.
Quatr. eil.— Ce furenl des traîtres ; eux , des hommes ho« norables I
Les cit. — Le testament I les volontés de César t
Deux. cil.^Ce sont des scélérats, des assassins. Le testament! lisez ietestamenti
Ant. — Vous voulez donc me contraindre à lire le testament. Formez donc un cercle autour du corps de César, et laissezmoi vous montrer celui qui fit le testament. Descendrai-je ? me le permettez-rous ?
Les cit. -— Venez , venez.
Deux. ct(.— Descendez. (ÂKTOiirs descend de ia Tribune.)
Trois, cit. — Nous y consentons.
Quatr. çil.— Formons un cercle; tenons-nous autour de lui.
Prem* cil.^Ëcartez-vous du cercueil, écartez-vous du corps.
Deux. cit. — Place pour Antoine, le très-noble Antoine 1
Ant. — Ne vous jetez pas ainsi sur moi , tenez-vous éloignés.
Les cit. — En arrière I place I reculons en arrière 1
Ant. -— Si vous avez des larmes , préparez-vous maintenant à les répandre I — Vous connaissez tous cette robe. Je me souviens du jour où pour la première fois César la porta. C'était un soir d'été, dans sa tente , le jour même qu'il vainquit les Nerviens. — Regardez : là le poignard de Cassius a pénétré; voyez quelle déchirure y a faite l'envieux Casca; c'est par là que le bien-aimé Brutus enfonça le coup, et, lorsqu'il retira son maudit fer, voyez jusqu'où le sang de César l'a suivi, se préci*
252 JULIUS CESAR. Act III.
As rnsbing ont of doors, to be resolv'd
If Brntos so unkindly knock^d or no ;
( For Bmtus, as you know, was Cesar's ang l)
Jadge, O yoQ gods, how dearly César loT*d him I
This was the most unkindest eut of ail :
For, when the noble César saw him stab.
Ingratitude, more strong than traitors* arms,
Qaite vanquish'd him: then burst bis mighty heart;
And, in hismantle mnfiling up his face,
Even at the baseof Pompey's statua
liVhich ail the while ran blood, great César fell.
Oh I what a fall was there, my countrymen I
Then I, and you, and ail of us fell down,
Whilst bloody treason flourish'd over us.
0ht now you weep: and I perceiye you feel
The dint of pity : thèse are gracions drops.
Kind soûls, what, weep you, when you but behold
Our Cesar's vesture woundedî Look you hère,
ïiereis himself, marr'd as you see, with traitors.
1 Cit. 0 piteons spectacle I
2 Cit. 0 noble César I
3 Cit. 0 woeful day I
4 Cit. 0 traitors, yillains I
1 Cit. 0 most bloody sight !
2 Cit. Wewillbereyenged:reTenge;abouty — seek^^buroy — fire,— kill,— slay I— let not a traiter live.
Ânt. Stay, countrymen.
1 Cit. Peacethere: — Hear the noble Antony. -
2 Cit. We'll hear him, we'U foHow him, we'll die with him. Ant. Good friends, sweet friends, let me not stir you up
To such a sudden flood of mutiny.
They that bave doue this deed are honourable;
What private griefs they bave, alas, I know not,
That made them do it : they are wise and honourable.
And will no doubt, with reasons answer you,
I come not, friends, tosteal away yourhearts;
I am no orator, asBrutusis:
But, as you know me ail, a plain blunt man,
That love my friend : and that they know full well
That gave me public leave to speak of him.