‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 75 sur 153 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

^ SCÈNE I. — Une autre Partie de l'Ile.

Alonzo, Sébastien, Antonio, Gonzalo,. Adrian, Francisco, et autres entrent.

£ron. — Je vous en supplie , seigneur , soyez gai ; tous ayez comme aous tous sujet d'être joyeux, car ce que nous avons sauv^est bien au delà de ce qu^ nous avons perdu; le sujet de notre tristesse est un malheur ordinaire ; tous les jours la femme de quelque marin , le patron de quelque marchand , et le marchand lui-même ont de semblables motifs de tristesse. Notre salut est l'œuvre d'un miracle ; mais à peine se trouve-t-il quelques hommes sur des millions, qui pussent comme nous raconter un pareil miracle ! Ainsi, mon seigneur, mettez sagement en balance nos chagrins et nos motifs de consolation.

Àlon. — De grâce, laisse-moi en paix ( 1 4) .

Séb, — 11 prend goût à la consolation comme à une soupe froide.

Ànt, — Il ne sera pas si aisément débarrassé de consolateurs.

5^6.— Tenez, le voilà qui monte Tfaorloge de son esprit, elle va sonner tout à l'heure.

Gxm, — Seigneur

Séb, — Une ! parlez!

Gon, — Lorsqu'on nourrit quelque chagrin, tout ce qui se présente apporte à celui qui le nourrit

Séb. — Un dollar I

Gon.— Tout lui apporte une douleur, en efiFet (i5); vous avez parlé plus juste que vous n'imaginiez.

Séb, — Et vous l'avez pris plus raisonnablement que je ne l'espérais.

Gon, — Et pour cela, mon seigneur

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