SONG
Jtffio. Hùnour, richei, tnarriage-bleêsing, Long eontinuance, and increcuing, Hourly jays be slill upon you I Juno iings her blessings on you.
Cer. Earth'i tncreace, and foison plenty; Bams, and gamers nevet emply; Vines, wUh clusl'ring bunchet growing; Plants, wilh goodly burden bowing; Spring corne to you, at Ihe farthest, In the very end of harvest l Scareily, and toant, shali shun you ; Ceres* blessing so is on you.
Fer. This is a most majestic vision, and Harmonious charmingly. May I be bold To think thèse spirlts ?
Pro. Spirits, which by mine art
I bave from their confines call'd to enact My présent fancies.
Fer. Xet me Hve hère ever ;
So rare a ^onder'd father and a wife, Make this place Paradise.
(Juno and Gères whisper, and send Iris on empîoyment.)
Pro. Sweet now, Silence :
Juno and Ceres whisper seriously ; There's something else to do : hush, and be mute, Or else our spell is marr'd.
Iris. You nymphs, call'd Naiads, of thewandrioflr brooks.
SCÈHB L LA TBMPfiTE. 471
JlTKOK éfUff .
Jun. — Ma bienfaisante eœur, eaiutt Venex bénir Avec moi ces amanis que nous allons unir ; Qu'ils coulent une vie heureuse en leur jeunesse. Et qu'ils voient leurs enfants honorer leur vieillesse I
(Elle chante.)
Junonvous bénit :quesurvous S'amassent honneur et richesse, Longue union, bonheur d'époux.
Constante, ineffable tendresse!
Junon forme ces vibux pour vous, Cér, -^ Que la terre toujours féconde
Jette ses produits dans vos mains, Qu'en vos champs le froment abonde, Que vos greniers soient toujours pleins^ Que la vigne aux grappes brunies Épande sur vous ses trésors.
Que vos demeures soient remplies Des fruits qui nourrissent le corps, Et que chaque printemps apprête Les récoltes de vos guérets / Loin de vous fuira la disette.
C'est ainsi quê bénit Céris I
JFW*df.— Voilà la vision la plus majestueuse, les chantç les
plus harmonieux, les plus ravissants Puis-je oser croire que
ce sont là des esprits?
Pro*.— Des esprits que par mon art j'ai évoqués de leurs demeures pour exécuter les jeux de mon imagination,
Ferd.—0\ï\ que je vive toujours dans ces lieux I un père, une épouse si rares^ si merveilleux i en font un paradis (36).
(Junon et Gères seporlent bas, et envoient Iris fatre un
message,)
Pros, — Silence maintenant , il reste encore quelque chose à faire ; chutl sois muet, ou notre charme est rompu.
Iris,— Vous, nymphes des ruisseaux, que Fon nomme Naïades, Quittez pour ce gaxon l'onde de vos cascades;
4T2 THE TEMPEST. AcT IV.
Witli your sedg'd crowns, ai^d ever harmless looks, Leavc your crisp channels, and on this green land Answer your summons ; Jiino does coinmand : Corne, tempcrate nymphs, and help to celebrate A contract of true love; be not too late.
Enter certain Nymphe.
You sun-burn'd sicklemen, of Augu^t weary» Corne hither from the furrow, and be merry; Makc holy-day : your rye-straw bats put on. And thèse fresb nympbs encounter e^ery one In couutry footing.
Enter certain Reapers, properly habited : they join wùh the Nymphe in a graceful dance ; towarde the end whereof Pros- PEiio etarte euddenly, and speaks; after which, to a étrange, hollow, and confused noise, they heavily vanieh,
Pro. (Àeide.) I had forgot that foui conspiracy Of the beast Caliban, and bis confederutes, Against my life ; the minute of their plot Is almost come.--( To theSpirits.) Well done; ayoid j*hio more.
Fer. This is most strange : your father*s in some passion That Works him strongly.
Mira. Neyér tSU tbis day,
Saw I him touçh'd witb anger so distemper*d.
Pro. You do look, my son, in a mov'd sort. As if you were dismay'd : be chcerful, Sir : Our revels now are ended : thesè our actors, As I foretold you, were ail spirits, and Are melted into air, into thin air :
And, Hke the baseless fabrie of this vision, The cloud-capp'd towers, the gurgeous palaces, The solemn temples, the great globe itself, Yea, ail which it inherit, shali dissolve; And, like this insubstantial pageant faded, Leave not a rack behind : We are such stuff As dreams are made of, and our little life Is rouiHled witb a sleep.— 5ir, I am vex'd; Bear witb my weakness; my old brain is troubled.
ScÈKBi. LA TEMPÊTE. 473
AveC'Vos regards purs, vos éouronnes de jonc, Àecaurex au signal : c'est l'ordre de Junon. Hâtez-vous, hàtex'vous, nymphes chastes et belles, Célébrez cet hymen de deux amants fidèles.
Des Nymphes entrent.
VouSf moisêonneurs brûlés par le salèU d'août. Vos faucilles en main, montrez-vous tout à coup ; Délaissez vos sillons, livrez-vous à la joie, Profitez d'un beau jour que le ciel vous envoie; Sous vos chapeaux de paille abritez votre front, Et les vierges des ea%tx avec vous danseront.
(Entrent des Moissonneurs dans le costume de leur état; ils se joignent aux Nymphes, et forment wuf danse gracieuse vers la fin de laquelle Pbospero tressaille soudainement et parle. Après quoi les Esprits disparaissent lentement avec un bruit bizarre , sourd et confus.)
Pros. {à part.) — J'avais oublié rborrible conspiration qae le monstre Galibanet ses vils complices ont formée contre ma. vie. L'instant de l'exécution de leur complot est presque arrivé. {Aux Esprits.) — C'est bien , éloignez- vous ; rien ae plus.
Ferd. — Quel changement étrange! votre père est agité par quelque passion qui le travaille violemment.
Mir. — Jamais jusqu'à ce jour je ne l'ai vu ému par une colàre aussi vive.
Pros, — Vous paraissez troublé, mon fils, comme si vous étiez rempli d'effroi : rassurez* vous, seigneur; mes divertissements sont maintenant finis ; tous ces acteurs, comme je vous l'ai dit» n'étaient que des esprits ; ils se sont dissous dans l'air en un souffle subtil ; et , tels que l'édifice sans base de cette vision , les tours qui se couronnent de nues , les palais magnifiques» les temples solennels, et aussi ce vaste globe luinoiéme et tout ce qu'il renferme, un jour disparaîtront , et , comme ce rêve léger qui s'évanouit, ne laisseront pas un débris de leur naufrage. Nous sommes faits de la vaine substance dont se forment les songes; et le cercle étroit de notre vie éphémère est arrondi par un sommeil (37].— Seigneur, je suis tourmenté; supportez ma faiblesse , mon vieux cerveau est troubla, ne
474 THE TEMPBST. ACT lY.
Be not disturb'd with my iofinnlty :
If you be pleas'd, retire inta my celU And there repoie; a turn or tyfo TU walk» To still my beating miod*
Fer. Mira. We wi»h yon petce. (Exeuni.)
Pro. Corne with à Aooglit i^l tfaiahk yon: Arîel, corne*
Enfer Abibl.
Âri. Tby thougbts I cleave to; Whafs tby pleasure?
Pro. Spirit,
We must prépare to.meet witb Galiban.
Ari. Ay, my commander ; wben I presented Gères» I tbought to baye told tbee of it ; but I fear'd» Lest I might anger tbee.
Pro, Say again» wbere didst tbou leave thèse yarlets ?
Ari. I told you, Sir, tbey were red-bot with drinkîng ; So full of valour, tbat tbey smote tbe air For breatbing in their faces ; beat tbe ground, For kissing of tbeir feet : yet always bendîng Towards tbeir project ; Tben I beat my tabor, At whicb, like unback'd coïts, tbey prick'd tbeir ears, Advanc'd their eye-lids, lifted up tbeir noses. As tbey smelt music ; so I charm'd their ears, Tbat, calf-like, tbey my lowing follow'd, througb Tooth'd briers, sbarp furzes, pricking goss, and thoms, Whicb enter'd tbeir frail sbins ; at last I left them r tbe filthy mantled pool beyoud your cell, There dancing up to tbe chins, that tbe foui lake O'er-stunk tbeir feet.
Pro. Tbis was well donc, my bird :
Tby shape invisible retain tbou still : The trumpery in my bouse, go, bring it hither. For stale to catch thèse tbieves.
Ari. 1 go, I go. (Exit.)